Non mais qu’est ce que c’est que cette pochette immonde ? Que celui qui en est l’auteur se lève pour recevoir sa sentence à moins que… le contenu efface le péché du contenant. Alors apprivoisons donc la mécha-bête pour en apprendre un peu plus à son sujet avec son curriculum vitae.
Nom : Hord. Localisation : France, Languedoc-Roussillon. Année de naissance: 2004. Activité professionnelle : groupe de musique s’attachant à annihiler toute forme de vie avec son cyber thrash metal à tendance néo (qui à dit
Fear Factory). Expérience : a sorti plusieurs démos entre 2002/2004 et a notamment fait la première partie de la bande à Burton C. Bell. Bon, d’ailleurs quand déboule le premier titre, l’influence des ricains se ressent énormément. Mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l'îvresse, non ? Est-ce que Reborn from chaos (premier album de la formation par ailleurs) malmènera-t-il le métalleux encore médusé par cet artwork «…» (met ici le terme péjoratif que tu voudras). De plus, avec un titre pareil on se dit que ce n’est pas du Mozart qui va sortir du casque. Mais de fait, on a droit à des hordes de décibels qui nous assaillent de toutes parts. Comme pris au piège, on est obligé de s’incliner face à cette production impeccable et implacable. Ce son froid et clinique on le doit à ce cher Patrick Liotard (producteur et membre de Polarbitch) qui est arrivé à donner vie (ou mort ?) à ce monde déshumanisé où les machines ont pris le pouvoir.
Et dès l’entame de ce "Soul Apocalypse" (passons l’inutile intro) on se rend compte que
Fear Factory n’est pas la seule influence du groupe. Citons pêle-mêle
Meshuggah,
Strapping Young Lad,
Pantera ou encore
Soilwork. Que du beau monde.
Alors, ces divers apports des combos précités nous donnent des titres survoltés et groovy (le furieux "Zero Tolerance") qui prendront, assurément, plus d’ampleur en live. Imaginez donc un peu la boucherie que cela peut donner. De plus les rythmiques syncopées brisent la linéarité des compos, les breaks furieux fusent et désarçonnent l’auditeur à chaques déflagrations. Et ce dernier point est une arme à double tranchant car d’un côté, il y a la surprise de découvrir de véritables brûlots de rage partant dans tous les sens, mais de l’autre il y a surtout cette fâcheuse impression que ce déchaînement de breaks impromptus nous laissent à la traîne voir même sur le carreau. On ne sait plus où donner de la tête et on en arrive presque à se demander si certains choix étaient judicieux comme le break de "Seeds of Chaos" qui est imprévisible mais pas forcément nécessaire par rapport au fil de la chanson.
Malgré tout on se prend au jeu. Aidé par un DJ Fat qui sublime l’électronique (ah ces nappes envoûtantes sur le titre précité), il démontre qu’il n’est pas ici pour faire de la figuration. Tantôt il nous balance des scratches (pas toujours bien placé il est vrai comme sur "Master Life Down"); tantôt il nous distille lentement ces envolées symphoniques (le morceau "Hord") comme du venin dans les veines. Autant dire que le bougre sait y faire avec ces samples.
S’envolant, parfois, vers un death mélodique presque soilworkien (la planante "World Dominators") ou vers un neo au feeling rappelant
Linkin Park (Mutantis) en plus violent (a thousand suns, pas bien), les compos sont dynamisés par le chanteur Styx. Beuglantes hardcores et extrêmes, chant clair maîtrisé et flow rap (pas toujours de bon aloi) permettent de garder encore plus l’attention jusqu’à la fin. Mais petit bémol malgré tout, le fait qu’au fil des écoutes on pourra se rendre compte de la monotonie des voix, ce qui amènera une certaine lassitude au bout du compte.
Voilà un album qui se déguste tout de suite avant qu’il ne perde son charme. Il est donc temps de remettre les choses à leur place en faisant découvrir ce groupe au potentiel certain. Même si ce Reborn from Chaos contient quelques erreurs et menus défauts il constitue une bien bonne surprise et s’inscrit dans l’ère du temps. La France n’a pas à pâlir de sa scène cyber. Gageons qu’au côté de Malmonde les montpelliérains se feront également une place de choix.