Beaucoup disent que
Blackwater Park est l’album le plus culte d’
Opeth et certainement celui de la maturité. Il est en tout cas celui qui a amené le groupe à mieux se faire connaitre, notamment grâce à leur single « Harvest ». C’est aussi celui qui est le plus représentatif du style d’
Opeth, un Death metal progressif qui mêle parties violentes et acoustiques avec brio. Si les deux premiers albums se révélaient plus Black metal et si Still life se montrait plus épique,
Blackwater Park se veut lui plus polyvalent.
Avec « The Lepper Affinity »,
Opeth fait une belle entrée en matière. Le morceau est violent et épique de bout en bout avant qu’un final au piano ne vienne détendre l’atmosphère, rappelant légèrement « Silhouette » d’Orchid. D’autres titres ne sont pas en reste à l’instar d’un « The Funeral Portrait » aux riffs décapants et assez groovy. La violence reste parfois en retrait, au profit de ballades acoustiques (la célèbre mais néanmoins quelconque « Harvest ») ou de longs interludes beaux à en pleurer («
Dirge for November »).
Mais le titre majeur de cet opus reste l’excellent éponyme «
Blackwater Park » qui mélange groove, puissance, aspects épiques et poésie (le magnifique interlude en arpège et ambiances). La voix d’Akerfeldt apparait alors sous son grand jour, dans un Death ultra pêchu et maîtrisé. Son chant clair, lui, est dans la continuité du travail effectué sur Still life, leur précédente production : riche et varié avec ce timbre si particulier qui fait d’Akerfeldt l’un des chanteurs les plus touche-à-tout du milieu. A noter également que c’est avec cet album que le groupe développera son côté oriental très présent sur les prochains efforts du combo (le culte « Bleak »).
Blackwater Park s’impose comme un incontournable dans la discographie des Suédois. Riche, varié mais peut être moins développé sur le plan poétique et possédant moins d’identité que les autres, en raison de sa trop grande polyvalence qui nuit à la personnalité de l’album,
Blackwater Park est cependant l’album de la maturité, celui qui confirme le style « opethien » et amènera le groupe à une plus grande reconnaissance du public.