Après avoir longtemps été considéré comme une formation de seconde zone dans le Death Mélodique scandinave avec des opus trop proches de leurs influences (
Dark Tranquillity, mais aussi
Insomnium), Omnium Gatherum semble enfin avoir trouvé une voie plus personnelle. A l'heure de la sortie de son cinquième album, New World Shadows, le combo finlandais prouve que tout devient possible dès lors que l'on y met un peu d'audace...
Gare à la concurrence!
Ceux qui ont eu l'occasion de se pencher sur le reste de la discographie d'Omnium Gatherum auront certainement remarqué le talent de ses guitaristes, qui avec leur jeu se révèlent être les fondations de leur musique. Les solis, les solos et autres riffs accrocheurs ont toujours marqué les sorties, et croyez-moi, il en sera de même cette fois encore. Que voulez-vous, quand on parvient à recruter deux gratteux efficaces, autant s'en servir!
"Everfields", l'imposant morceau d'ouverture avec ses 10 minutes au compteur, plonge l'auditeur dans le bain. Les ambiances semblent plus marquées que d'habitude, même si la compo perd en efficacité. Mieux, il semblerait qu'Omnium Gatherum lorgne vers un côté plus progressif qui n'est pas si repoussant que ça. Même constat pour le reste de l'opus: la musique des finlandais devient évolutive ("An Infinite Mind", "Deep Cold"...), appuie davantage ses atmosphères, bien que quelques titres purement Death Mélo et in your face font leur apparition ("Ego", en duo avec
Niilo Sevänen d'
Insomnium, ou encore l'excellent "The Distance" et son riff surpuissant).
Pour le coup, New World Shadows sonne bien moins linéaire que ses prédécesseurs.
On parlait des ambiances plus haut. Sachez qu'elles ont été vraiment travaillées ("Soul Journeys", "Watcher of the Skies"...), que ce soit avec les guitares, le clavier ou même le chant. D'ailleurs, Omnium Gatherum s'est payé le luxe d'inviter Dan Swanö sur "Deep Cold" et "New World Shadows" pour son chant clair (c'est également lui qui est aux manettes). Le résultat: les atmosphères deviennent plus aériennes et mélancoliques, tout en conservant une touche Dark, comme savent si bien le faire les finlandais.
En devenant plus progressive, la musique des scandinaves s'est considérablement enrichie, et gagne indéniablement en profondeur. Au fil des écoutes, de nouvelles choses apparaissent, des détails difficiles à décerner de prime abord mais ô combien indispensables dans la mise en place des compositions. Un exemple frappant? La basse qui se joint aux claviers sur la fin d'"Infinite Mind", pour un rendu très Pink Floyd avec sa guitare...
Côté prod', Omnium Gatherum n'a pas lésiné sur les moyens. L'enregistrement aux Astia Studio, puis le mixage et le mastering confié à Dan Swanö montrent bien que la qualité est au rendez-vous. Mieux encore, New World Shadows sonne naturel, loin de la tendance actuelle où toutes les productions ne misent que sur la puissance et au final y perdent plus qu'elles n'y gagnent.
Dernier point, l'artwork. Que dire d'autre si ce n'est que nous tenons-là une sacrée belle réalisation?
Ceux qui seront parvenus à me lire jusqu'au bout l'auront sûrement compris, New World Shadows est un album frais, conquérant et rudement bien mené. Le genre d'opus qui ne se découvre pas de suite, qui nécessite plusieurs écoutes avant d'en déceler les secrets. Bref, une excellente galette.
Omnium Gatherum, après s'être largement inspiré de
Dark Tranquillity, réalise ici un mix très intéressant entre la folie mélanco-mélodique d'
Insomnium et le côté progressif de ses compatriotes Ikuinen Kaamos, en plus direct cependant. De fines ambiances et un gros travail sur les mélodies, que voulez-vous de plus pour apprécier cet album?