2008 fut une année cruciale pour
Opeth. Lindgren (guitare) parti, tout comme Lopez (batterie), le groupe se devait de retrouver un line-up stable et à la hauteur de son passé. C’est donc avec Fredrik Akesson et Martin Axenrot que la formation entame cette année 2008, année marquée par la sortie de leur nouvel album Watershed. Dès lors, peut-on parler de changement artistique ?
En démarrant avec une ballade,
Opeth surprend. « Coil » est en effet une introduction sobre où la voix d’Akerfeldt laisse un instant la place à une voix féminine (la petite amie d’Axenrot). Si le morceau ne déborde pas par son originalité, il permet néanmoins d’amorcer le départ d’ « Heir apparent », aussi violent qu’inattendu : les guitares vrombissent et ne s’arrêtent que pour laisser place à une petite mélodie de piano angoissante. La puissance vocale d’Akerfeldt explose alors sous des mélodies Death terriblement efficaces. Les riffs sont excellents de bout en bout, le solo de départ (composé par Akesson) est barré et déroutant quand on connaît
Opeth. Une entrée en matière réussie pour un titre aussi efficace que jouissif, qui entre directement dans les compositions les plus violentes du groupe.
Watershed est particulier. Si les influences d’
Opeth étaient déjà présentes sur les précédents essais du combo, elles le sont davantage sur cet opus. L’influence majeure qui se dégage alors de ces compositions est la musique psychédélique, en particulier celle des années 70. Preuve en est avec la très Rock « Burden » où les guitares et le clavier rappellent les anglais de Pink floyd. D’autres sonorités viennent également marquer cet album, à l’image d’un « Hessian Peel », à l’imaginaire oriental. Plus que
primordial, le clavier apporte une touche supplémentaire à la musique d’
Opeth. Le surprenant passage funky sur « The Lotus Eater » et le solo présent sur « Burden » témoignent de cette mise en avant de l’instrument.
Si ces évolutions frappent à l’écoute de ce skeud,
Opeth conserve son image : le chant d’Akerfeldt est toujours aussi puissant dans ses grawls et beau dans ses envolées lyriques, la musique toujours aussi prog’ et mélodique, Akerfeldt restant le principal compositeur de la formation. « Porcelain heart » par exemple, reste dans la plus pure tradition opethienne : l’alternance entre acoustique et électrique et le côté mélancolique propre au groupe, ainsi qu’une certaine similitude avec « The Grand Conjuration », morceau-phare de
Ghost Reveries illustre bien cela. Alors oui,
Opeth a évolué, son côté progressif est plus prononcé (« Hex Omega »), mais on ne peut pas véritablement parler de changement, plutôt d’une suite logique amorcée par
Ghost Reveries.
Une bonne surprise que ce nouvel album d’
Opeth qui rassure quant à sa pérennité sur la scène Metal progressive et laisse même présager le meilleur pour les Suédois.