C'est en 1987 que se forme
Rotting Christ, ah...
Rotting Christ... On ne les présente plus : groupe phare de la scène metal grec, pionner du black metal à ses débuts. On rappèlera également la polémique suscitée par le nom du groupe...
Après avoir paradé avec un nombre d'albums relativement conséquents, c'est en 2004 que
Rotting Christ nous revient avec un "Sanctus Diavolos" plus percutant que jamais.
Il est vrai "Sanctus Diavolos" parait beaucoup plus abordable que les précédents opus, mais le charme opère toujours, d'autant plus que les grecs sont désormais bien loin d'un black metal brouillon et crade qu'on leur connaissait à leur début. L'évolution est évidente et limpide, devant nos petits yeux ébahis :
Rotting Christ avance désormais dans un registre beaucoup plus mélodique et rythmé, y ajoutant de bons petits éléments atmosphériques extrêmement bien placés, comme dans le morceau "Tyrannical" où l'instrumental est mis en avant, lourd et puissant, scindé de petites touches flirtant farouchement avec l'électro. On notera également l'effort d'apporter une dimension plus mélodique avec le morceau " Athani Este", donc la structure musicale se compose essentiellement d'un riff simple mais percutant, le tout étant on ne peut plus efficace.
Le Christ pourrissant est descendu de sa croix et a décidé d'enfoncer le clou encore plus profondément qu'il ne l'était déjà.
La cortège suintant est en route et ne compte pas s'arrêter en si bon chemin...
Les morceaux s'imbriquent les uns aux autres, donnant ainsi une réelle continuité à l'album. Kostas Vassilakopoulos et Sakis Tolis assènent les morceaux de riffs lourds et majestueux, typiques du groupe, donnant ainsi une profondeur inimitable à ceux ci. Laissant alors ces deux majestueux guerriers à cordes entamer une sorte de quête au riff parfait. La basse, quant à elle, officiant sous les doigts d' Andreas Lagios, permet aux morceaux d'atteindre cette profondeur caractéristique à "Sanctus Diavolos". Themis Tolis, officiant derrière les fûts, nous assène littéralement avec un jeu à couper le souffle, performance et technique étant intimement liées.
Cependant, certains morceaux tendent à rappeler les débuts du groupes, en nous servant des morceaux au son saturé, un peu brouillons mais carrés. Oui, la période "à l'arrache" est bel et bien terminée. Attention ! Ici il s'agit de dérapages contrôlés. Ne serait ce qu'avec le morceau "You My Cross" et "Serve In Heaven", qui nous replongent avec un certain engouement teinté de nostalgie dans un "Non Serviam", sorti en 1994. En effet,
Rotting Christ a évolué mais nous fait savoir, par de subtiles allusions , que malgré tout ils sont restés les mêmes, et ce n'est pas pour nous déplaire car en effet, certains groupes délaissent leur précédents opus pour ainsi mieux se consacrer à leur nouvel objectif musical.
Rotting Christ ne fait pas parti de ces groupes là.
Il serait insensé de nier l'évolution musicale opérée par le groupe ces dernières années. En effet, passer d'un black metal brutal et agressif, à un metal beaucoup plus posé, travaillé et mettant l'accent sur les atmosphères n'était pas chose facile. Au diable les puristes qui rejetteraient le groupe qu'ils qualifieraient de trop commercial et plus assez underground à leurs yeux, au diable !
Rotting Christ nous montre ici une bonne leçon de maturité. Le groupe apprend et se transforme au fil des albums, nous apportant continuellement de nouvelles choses plus perfectionnées les unes que les autres. Histoire de tout de même nous rassurer, les grecs nous font inconsciemment savoir au travers "Sanctus Diavolos" qu'ils ne renient en aucun cas leur début, qui font office ainsi de première pierre à l'édifice... Appelé
Rotting Christ.