En attendant la prochaine claque
And so I watch you from Afar continue son petit bonhomme de chemin après la claque magistrale assénée par son éponyme album et l'EP The Letters ayant suivi. Ce single, Straight through the sun without a fuckin scratch, est composé du single "Straight through the sun" en version originale puis en version radio et d'un autre, qui fait figure de suite directe (d'où le nom de l'essai), "Without a fuckin scratch". La curiosité anglaise ne peut que perdurer d'autant que cette jolie pochette met l'eau à la bouche.
Le single principal de la bête est bien évidemment excellent, qu'attendre d'autres de ces musiciens géniaux, révolutionnaires musicaux mêlant habilement Post-Rock subtil infusé dans le Mogwai et Math-Rock sournois. Ses cinq minutes entraînantes nous font comme toujours voyager dans des contrées atmosphériques épiques, dans des territoires de déstructuration et de douceurs exotiques dissimulées. En bonne et due forme, And so I watch you from Afar nous ramène encore dans son monde idyllique, tantôt infernal, tantôt lumineux, dévoilé à coup de guitares asymétrées, d'envolées planantes et de riffs Rock puissant dosés avec soin.
Seulement voilà, que dire de ce single des anglais? Les 14 minutes qui le garnissent ne sont pas grand chose d'autant que malgré la qualité des deux titres, le tout est bien maigre et ne révolutionne en rien le style du groupe. Si l'on supprime la "radio edit" de "Straight through the sun", qui ne comporte de différent que 40 secondes en moins et un son moins aérien (et se révèle donc inutile), il ne reste qu'un maigre butin qui ne nous en apprend pas plus sur la musique de la formation: elle reste sensiblement la même. Le deuxième single, "Without a scratch (16 bit) master" , apporte ses couleurs enivrantes à "Straight through the sun", plus énervée. Cette dernière, plus Math-Rock, précède ce titre tout aussi intéressant et presque jazzy, aux arpèges mélancoliques, figure de ces ballons sur la pochette. Elle aussi fiévreusement mélodique, est un bon morceau, mais cela s'arrête là.
Juger un single de And so I watch you from Afar relève du supplice. On en veut plus, d'autant que ces deux morceaux sont toujours aussi magiques. La force des anglais est toujours la même, pour le bon mais aussi le mauvais. En effet, si ce single annonce, tout comme The Letters, l'album prévu au printemps 2011, il ne faudra pas s'attendre à une révolution majeure, mais seulement à une jolie baffe. Ce qui n'est déjà pas mal.