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Chroniques :: Chronique de Elysium

Chronique de Elysium

Stratovarius  - Elysium (Album)

Héron héron petit patapon (je suis déjà loin)



Deux ans après un Polaris plus qu'intéressant et quelques mois après un single chargé de présenté cet Elysium, Stratovarius fait son come-back avec la même équipe, qui semble avoir pris ses repères à présent. Doté d'une pochette magnifique, qui fait référence à celle de Darkest Hours en plus positive, l'album se retrouve dans les bacs en ce début d'année et représente tout simplement la première grosse sortie de 2011, même si la Fnac n'a pas hésité une seconde à le mettre en vente avant sa date de sortie officielle (avec moins de conséquence que la bourde commise avec le Death Magnetic de Metallica). Mais passons sur les aléas méprisables des grands groupes qui dictent leur loi pour se concentrer sur ce qui est le plus important : la musique.

Polaris marquait un renouveau pour Stratovarius. Avec le départ de Timo Tolkki, leader incontesté du groupe, beaucoup voyaient la formation morte et enterrée. Elle a pourtant su livrer un excellent album qui avec le recul, apparait comme un trait d'union entre l'ancien Stratovarius et le nouveau. Moins de morceaux rapides, plus de construction, des allures un peu progressives par moment. Elysium, lui, fait un pas de géant. Stratovarius a changé. Cela déplaira aux puristes qui de toute manière ont lâché l'affaire sur Polaris, mais il y a la la capacité pour le groupe d'attirer un autre public qui jusque là était allergique au style marqué des finlandais.

Bien sûr, on retrouve des parties rapides, mais elles ne sont pas l'élément moteur de cet album, bien au contraire. Elles finissent même par sembler surréaliste au milieu du reste. En effet, Stratovarius se révolutionne, comme à l'époque de l'album éponyme, un brin sous-estimé. Mais cette fois-ci, plutôt que de se livrer à un heavy metal basique, le groupe choisi d'explorer des chemins plus posés, plus atmosphériques en quelque sorte, mais ponctués par des choeurs qui rendent l'ensemble héroïque et épique, sans que ce soit une constante tout au long de l'album.

Elysium commence d'ailleurs de façon peu conventionnelle, avec un mid tempo étrange, aux voix quelque peu trafiquées, Darkest Hours. Le chant de Kotipelto se fait plus posé, il ne monte pas trop dans les aigus et il offre là une autre facette de son talent. Le guitariste Matias Kupiainen est plus à l'aise, il s'investit bien plus dans l'écriture et propose un style différent de celui de son glorieux prédécesseur, il puise d'avantage dans l'émotion, quitte à sacrifier une partie de l'efficacité propre à Stratovarius. On se souvient de l'époque où le groupe ouvrait ses albums avec des titres de la trempe d'un Father Time(/i] ou d'un [i]Kiss Of Judas, cette époque semble définitivement révolue. Est-ce un mal ? Pas forcément. La formation sait toujours manier la vitesse, mais elle brode autour, comme le prouve Infernal Maze, certainement le meilleur morceau de cet Elysium. Chanson qui commence comme une ballade, presque de façon sirupeuse, avant que des choeurs, suivis de près par un clavier annonçant la charge avec une teinte electro ne sonnent le rappel du bon vieux speed des familles, mais sans que cela ne soit une surenchère, sans que l'ensemble ne devienne brouillon au niveau du son. Au contraire. Il y a comme de la magie là-dedans, un liant qui fait qu'on ne peut que s'en prendre plein la poire et en redemander. On est submergé, aussi bien par la force évocatrice que par l'émotion que dégage cette composition, u point où l'on a envie de se l'écouter en boucle un petit moment avant de passer au reste.

On ne peut pas passer outre la chanson-titre également. Elysium, du haut de ses 18 minutes, est une promesse non tenue. Bien sûr, c'est épique, c'est sympathique à écouter, mais malgré tout, il y a un brin de déception qui se profile tout de même. Là où Helloween change savamment de mélodies tout du long de ses titres fleuves, Stratovarius semble bloqué sur deux formules, des parties heavy et d'autre plus calmes, au point où l'on fini par perdre le fil par manque de repères. C'est dommage car il y avait matière à faire beaucoup mieux. Ce n'est pas mauvais, mais il manque cette touche de folie nécessaire pour faire d'un titre long une véritable oeuvre d'art.

Dans sa diversité, on peut également reprocher à ce disque d'être déséquilibré par une accumulation de morceaux plus calmes au milieu avant que le rapide Event Horizon ne vienne donner un coup de fouet à l'ensemble. L'ironie de la situation veut que Event Horizon est très certainement le morceau le plus faiblard de cet album. Par moment, il est difficile de conserver toute son intention sur les compositions les plus calmes malgré leur approche capricieuse et agréable. Le groupe a changé, oui. Il lui reste à apprendre à maintenir la pression tout du long et de se décrisper dans les moments les plus important, chose que jadis Tolkki maîtrisait.

Elysium est un bon album, mais qui ne parvient pas à atteindre les espoirs que l'on avait placé en Polaris. S'il ne sera pas une révolution cette année, il en est une à son échelle dans la carrière de Stratovarius et très certainement le début d'une nouvelle ère pour les musiciens, plus aventureuse, plus posée et d'un certain côté, bien plus mâture. Mais que cela ne les prive pas de la folie nécessaire, de cette faculté à oser les paris les plus fous, au risque de se planter. Si Elysium contient sa part de risque, c'est plus une façade tant Stratovarius semble ne pas avoir oser approfondir son sujet. Si le groupe poursuit dans sa lancée, le prochain album pourrait être bien plus surprenant et s'approcher grandement de l'excellence.



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Elysium - Infos

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Sortie : 14 janvier 2011
Genre : Power Metal
Label : Edel Music AG
Playlist :
1. Darkest Hours (4:11)à écouter en premier
2. Under Flaming Skies (3:52)à écouter en premier
3. Infernal Maze (5:33)culte !culte !
4. Fairness Justified (4:21)à écouter en premier
5. The Game Never Ends (3:54)
6. Lifetime In A Moment (6:39)
7. Move The Mountain (5:34)
8. Event Horizon (4:24)
9. Elysium (18:07)à écouter en premier
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Stratovarius

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