A peine un peu plus d'un an après All Ends in Silence, les finlandais de Dark The Suns reviennent sur le devant de la scène avec un nouvel opus, Sleepwalking in a
Nightmare. Avec un nom comme celui-ci, inutile de préciser que leur Dark Metal Gothique ne s'est pas assagi, bien au contraire! Car si le précédent album révélait certaines idées pas toujours bien exploitées et parfois trop répétitives, ce nouvel effort a su corriger ces quelques erreurs...
Débutons avec cet artwork. Là encore, il semble que les finlandais ont souhaité noircir le trait, rendre leur univers encore plus sombre qu'auparavant. C'est une constante que l'on retrouve également dans les compositions de Sleepwalking in a
Nightmare. Effectivement, le chant de Mikko est bien plus mis en avant que précédemment, donnant pour l'occasion une touche plus extrême à la musique proposée. Cependant, le chant féminin est toujours utilisé, mais de façon différente à présent. Si sur All Ends in Silence il était toujours mis en valeur, il se retrouve désormais en position de "soutien", assurant une légère pointe mélancolique au milieu des vocaux déchirés de Mikko ("World Stood Still"...).
Si le chant comme l'imagerie a tendance à faire croire que Dark The Suns s'est muté en monstre sombre, les compositions restent elles dans la même logique que sur les précédents opus du groupe. On retrouve donc des riffs intéressants, des refrains accrocheurs, des solis bien placés et un clavier ultra-présent (parfois trop comme sur "Don't Fear the Sleep" ou "Devoid of the Sun"...).
Cependant, un réel travail a été apporté en ce qui concerne les nappes de clavier. En effet, Dark The Suns ne se contente plus seulement de les utiliser via quelques notes de piano disséminées ça et là, on retrouve désormais des parties quasi-symphoniques ("Into the Blind World", "Requiem for a Dream" ou le quasi-ambiant "Insomnia") qui ont pour effet de varier les compositions. On sent bien que les finlandais ont souhaité faire évoluer leur recette, bien qu'il manque encore ce grain de folie...
Dire que la musique de Dark The Suns est mélancolique révèle de l'euphémisme, les dix morceaux sont là pour en témoigner. Plus que de la mélancolie, on nage carrément dans une amertume gothico-romantique, dans le bon sens du terme. C'est d'ailleurs une des choses qui caractérise le son de Dark The Suns, l'univers du combo se dessine dans une aquarelle sombre, marquée par quelques instants heureux, révolus sans pour autant être oubliés ("Lake of a Thousand Tears"...)...
Pour créer cette sorte d'aura mélancolique, Sleepwalking in a
Nightmare s'appuie sur un mix propre, qui préfère favoriser les ambiances au détriment de l'efficacité. Pour preuve, le chant féminin et le clavier sont mis en avant, contrairement aux guitares, un choix qui a déjà fait ses preuves lors des précédents albums.
Au final, Sleepwalking in a
Nightmare marque une certaine évolution dans le son de Dark The Suns. Plus sombres, plus travaillées mais aussi plus variées, les compositions semblent vouloir se détacher du reste de la discographie des finlandais. L'effort est évidemment louable, mais il reste encore du chemin à parcourir, disons qu'il manque cette étincelle de folie qui transformerait littéralement les morceaux...
Reconnaissons tout de même que Sleepwalking in a
Nightmare fourmille de bonnes idées, notamment au niveau des ambiances qui peuvent être véritablement prenantes par moment ("Lake of a Thousand Tears", "Don't Fear the Sleep"...). Ajoutez à tout ça quelques refrains mélodiques et des riffs sympas et vous voici avec une bonne petite sortie comme seuls les finlandais savent nous pondre...