En quinze ans d’existence,
Agalloch s’est bâti une solide réputation dans le monde du metal. Brassant des genres aussi divers que le black metal, le folk ou l’ambient, s’approchant ainsi d’un groupe comme
Bathory, le groupe en provenance de Portland n’a de cesse de proposer des œuvres riches et diversifiées. En 2006,
Agalloch présente Ashes Against the Grain, un album résolument plus black metal que les précédents albums. Mais quatre ans plus tôt, c’est la sortie de The Mantle qui fait découvrir le groupe à la face du monde.
The Mantle est une production très axée sur le folk, bien loin du metal du dernier album. Et pourtant, là encore, les Américains font mouche. L’acoustique y a ici une place prépondérante, à l’image de « A Celebration for the Death of Man », morceau introductif de choix avant l’entrée de la pièce « In the Shadow of our Pale Companion », petit bijou de folk metal long de 15 minutes. Toute la richesse des compositions d’
Agalloch est ici exposée, notamment à l’écoute de la bouleversante « Odal » où le piano à la part belle. Un titre sublime qui apparaît encore aujourd’hui comme le morceau phare des musiciens de l’Oregon.
Pour autant, n’allez pas croire qu’
Agalloch nous a pondu un album sorti des contrées du metal, leur style originel. Non, bien au contraire.
Agalloch manie à merveille ce mariage de mélodies folkloriques et metal intemporelles de façon on ne peut plus remarquable. A ce titre, « I am the Wooden Doors » et sa batterie martiale évoque avec brio ce melting-pot d’influences. Et comment ne pas se prosterner devant la quintessence d’un morceau comme le surprenant et éblouissant « And the Great Cold Death of the Earth » ? Ce morceau, plein de finesse, exaltera les érudits de mélodies mélancoliques et bucoliques. Le solo acoustique en est d’ailleurs l’apogée.
En 1999,
Agalloch avait déjà créé la sensation avec son premier chapitre folklorique, le sobre Pale Folklore. Trois ans après, ce second chapitre s’inscrit donc dans la continuité. Plus abouti musicalement, l’album comporte cependant quelques erreurs, à l’image de sa longueur, de quelques redites et d’une technique parfois trop peu linéaire et aboutie. Qu’à cela ne tienne puisque les Américains ponderont quatre ans plus tard leur meilleur album à ce jour, le très black et mature Ashes Against the Grain. Du folk au metal, il n’y a qu’un pas et cela,
Agalloch l’a bien compris. The Mantle, à défaut d’être parfait, en est un bel exemple.