En tant qu’identité mystique,
Aborym a toujours su susciter l’intérêt des fans de musique extrême ! Et en particulier lors de la période Atilla ! Le groupe proposait alors une musique en marge de ce qui se faisait à l’époque, tantôt teinté d’Indus, tantôt guidé par la seule folie. Et si le groupe a ouvert certaines voies, d’autres formations n’ont eu qu’à enfoncer des portes ouvertes, mais aucun, non aucun n’a jamais réussi à mettre autant de folie dans sa musique que le grand
Aborym ! Et comme les italiens ont toujours une longueur d’avance sur leur temps, ils offrent au monde leur nouveau poison, Psychogrotesque !
Si officiellement Atilla n’est plus dans le groupe depuis With No Human Intervention, il apparaissait tout de même en guest sur Generator. La première constation avec Psychogrotesque est qu’il n’est plus là pour insuffler sa dose de démence. Mais Malfeitor prouve qu’il peut faire la différence avec un chant complètement démoniaque et dégénéré qui donne ainsi un second souffle à
Aborym. Mais il n'agit pas seul... Car le mot d’ordre ici semble la démence dans toutes ses formes !
Psychogrotesque est tout simplement un album tellement riche qu’il faudra multiplier les écoutes pour en déchiffrer les moindres recoins, et surtout pour l’apprécier à sa juste valeur. On trouve de tout, la musique reste majoritairement basée sur un Black Metal psychédélique, mais par psychédélique, on peut comprendre bien des choses… Ici, on retrouve des éléments qui vont bien au-delà du simple Black Metal. Pour l’occasion,
Aborym s’est entouré d’artiste de renommée, mais quasiment inconnus dans le Black Metal. Ainsi, on retrouve le saxophone de Marcello Balena, instrument de choix pour manifester la folie au sein de la musique extrême ! On retrouve Karyn Crisis (du groupe de Hardcore Crisis, mais ayant aussi participé à
Six Feet Under ou
Voivod entre autres) pour des parties de chant additionnelles qui viennent apporter une dimension toute particulière à l’album. Davide Tiso pour une approche guitaristique différente et des éléments électroniques. Il a d’ailleurs composé quelques titres pour Karyn Crisis. Mais on retrouve encore tout un tas d’invités spéciaux, tous issus d’un milieu qui n’a que peu de rapports avec le Black Metal. On retrouve des musiciens issus de l’électro, de la noise, du Thrash, etc, etc. Tous ces artistes apportent une dimension encore plus fouillée du travail d’
Aborym. Ici, on plonge dans l’exploration de tout ce qu’il y a d’extrême dans la musique notamment avec le très Harsh Electro
VIII !
Rarement un album n’aura été aussi riche, aussi varié, et aussi dément ! Avec Psychogrotesque, on fait vraiment un pas de plus dans l’extrême, et le coup de maitre ici réside dans le fait d’oser aller plus loin. Beaucoup de Black Metalleux se chient dans le froc en entendant le mot électro.
Aborym arrive à montrer que le côté dérangé, malsain et diabolique n’a pas à s’imposer de limite. L’art ne devrait jamais s’en imposer, et
Aborym va au bout de ses idées, au bout d’un concept étonnant, déroutant et impressionnant de maturité. Une maturité que l’on ne peut percevoir qu’après avoir écouté le disque avec attention, car ce qui peut paraitre une musique chaotique où tout se mélange sans règle est en fait une musique agencée avec réflexion, avec perfidie dans le but de mieux tromper l’auditeur.
Aborym tisse une toile solide avec laquelle il prendra au piège ses victimes.
Ainsi,
Aborym dresse une véritable dénonciation de la société post-industrielle, elle qui attire l’homme, le dévore et le vomit dans un monde qui n’est plus le sien. Corrompu par son univers, l’Homme a perdu son âme et il ne pense plus par lui-même. Il devient alors un des mercenaires de cette société qui ne fait que « manger » toujours plus d’Hommes dans le but d’imposer sa pensée unique et d’annihiler toute forme de réflexion humaine. Créant ainsi le non-humain, le monde est enfin prêt à sa déchéance ! C’est tout cela que Psychogrotesque montre à travers une musique aussi déjantée et malsaine. Aidée par la batterie de Faust (oui oui, l’ancien batteur du grand
Emperor !), l’Homme est assommé, anéanti, et il retourne à son état sauvage, sauf que cette fois-ci, il n’a plus son cerveau pour réfléchir… Ces ambiances psychédéliques et maladives sont le fruit d'une méditation approfondie, et c'est ce qui pousse le groupe a faire exploser sa haine dans un univers musical étrange, dérangé et chaotique comme celui de ce nouvel album.
Psychogrotesque est incontestablement une des meilleures sortie de 2010, et peut-être même aussi, un des meilleurs disques d’
Aborym ! Le groupe ne se donne aucune limite, il s’associe avec des musiciens de talent qui ont clairement compris où voulait aller les italiens. Si vous avez aimé Dødheimsgard, Reverence, ou encore Code et The Diablo Swing Orchestra, Psychogrotesque devrait vous ravir, mais il va encore plus loin dans la démence et son approche musicale est bien différente. Un magicien, un sorcier, un visionnaire…
Aborym revêt ces différentes facettes pour nous offrir un disque au-delà de nos attentes !