Krieg fait partie de ces groupes cultes de la scène américaine avec
Judas Iscariot ou
Profanatica par exemple. Depuis ses débuts en 95, le groupe n’a cessé de sortir des démos, splits, EP, albums, et surtout, il a enchainé les membres de son line-up, ce qui fait qu’il est quasiment impossible de savoir qui a enregistré quoi, etc. Mais toujours, Krieg a su impressionner ses fans !
Désormais de retour avec The Isolationsit, sous la bannière de Candlelight, les américains nous montrent qu’ils savent aller plus loin dans l’expression de leur art.
Avec un morceau d’ouverture portant le nom de No Future, on était en droit de se demander si Krieg n’avait pas suivi les chemins de
DarkThrone et autres en revenant à des racines plus Punk. Eh bien, il n’en est rien ! Krieg nous plonge au cœur du Mal, au son d’un Black Metal racé et froid. Comme il a toujours su le faire, Krieg propose des plans qui déstabilisent un peu l’auditeur. Que ça soit dans la période des débuts avec son True Black ou aujourd’hui en accentuant plus les ambiances, il y a toujours cette puanteur pestilentielle qui se dégage de chaque compo. Je pense à
Depakote qui oscille subtilement entre Drone, Dark Ambiant et Black Metal, et qui donc, apporte quelque chose de terriblement malsain à l’ensemble, pour repartir de plus belle sur les bases d’un Black Metal bien violent et décadent. On peut dire que Krieg sait manipuler la curiosité de son auditoire avec des expérimentations qui peuvent rappeler le grand
Mayhem. Mais que les puristes se rassurent, la patte bien Black est encore omniprésente. Mais les américains explorent toute une partie de leur musique jusqu’alors inexploitée dans les précédents disques. Tantôt intimiste, tantôt minimaliste, tantôt destructeur, The Isolationist dévoile une musique sombre, noire et décadente, une musique qui joue avec nos oreilles, mais aussi, une musique qui prend tout de suite une dimension occulte, voire ritualiste par moments. Ainsi, une aura mystérieuse plane toujours autant, avec
suffocation et lourdeur, autour du groupe.
Au travers de ces onze titres, on ressent le Mal, cette volonté de fin du monde et de destruction. La musique vraiment maitrisée des musiciens nous transmet des sentiments de peur, à travers des atmosphères poisseuses, suffocantes, intenses au milieu d’un brouillard de ténèbres impénétrable.
Avec The Isolationist, Krieg nous livre un album déroutant, poignant, dérangeant, et peut-être même assez difficile d’accès par son côté alambiqué et complexe. On ne sait pas trop où le groupe veut aller, et on a envie de multiplier les écoutes pour percer le secret de ces ambiances ténébreuses. On voit une réelle évolution du groupe depuis ses débuts, mais on ressent toujours le même malaise, cette claustrophobie qui s’empare de nous à chaque note…