Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.
Il est une chose que l'on ne peut reprocher au combo norvégien : en l'espace de plus de dix ans d'existence, ses membres ont toujours su se réinventer, quitte à déboussoler littéralement leurs auditeurs. Les hymnes gothico-symphoniques somptueux présents sur
Widow's Weeds (1998) et
Beyond The Veil (1999) ont donné naissance à un son plus électronique, condensé sur l'enchanteur
World Of Glass (2001), avant d'effectuer un virage à 180° sur le destructeur
Ashes (2005), album aux sonorités death très prononcées. Depuis, c'est un metal plus moderne et plus direct, orienté grand public, que le groupe nous propose avec ses deux dernières créations,
Illumination (2007) et le tant attendu
Rubicon (2010), dans lequel l'italienne Mariangela Demurtas nous envoûte de sa voix puissante pour la toute première fois.
Avant même le départ de Vibeke Stene, le groupe avait tendance à varier les lignes de chant lors de ses compositions. Le sulfureux
Rubicon n'échappe pas à la règle : les dix pistes de l'album sont un condensé de voix masculines tantôt claires, tantôt gutturales, elles-mêmes accompagnées d'une voix féminine. L'album, vocalement très riche, présente une palette musicale toute aussi diverse. L'ambiance générale est lourde et sombre, voire malsaine, comme sur l'apocalyptique 'Vulture', un des rares morceaux à électriser l'auditeur avec un chant death. Les autres 'Patriot Games', 'Sirens' et 'Magical Fix' exploitent tout aussi bien les guitares et la batterie, en surchauffe absolue, afin de délivrer des titres taillés pour la scène.
Le
Tristania lyrique de la fin des années 1990 a bel et bien évolué et offre aujourd'hui des compositions certes plus accrocheuses, mais plus maigres, plus formatées et moins grandiloquentes. Les influences mainstream du single 'Year Of The Rat' sont évidentes et s'apparentent fort à un désir d'élargir leur cercle d'auditeurs. Il en va de même pour les titres 'Protection' et 'Exile', qui malgré leur énergie et leur efficacité, ne marqueront franchement pas l'histoire du groupe.
Cependant, il est heureux de constater que le combo n'a pas fait table rase du passé... Le violon, par exemple, a miraculeusement survécu aux changements drastiques du groupe et l'instrument nous émeut notamment dans les ballades très réussies que sont 'The Passing' et 'Amnesia'. La dernière piste, 'Illumination', qui porte le nom de l'album du groupe sorti en 2007, est quant à elle très inspirée. Elle gravite autour des huit minutes et baigne dans une atmosphère politique et religieuse (les paroles sont très engagées). Pour conclure,
Rubicon n'est donc pas une mauvaise offrande, au contraire. L'album se défend, tant en studio que sur scène et ce malgré une production bien moins polie que sur les anciens opus mais en comparaison, les titres présents sur
Rubicon paraissent bien faible. On est loin, très loin, des transcendants 'Angellore', '...Of Ruins And A Red
Nightfall' et autres 'Wormwood'...