I'm walking with a funny Zombie Mom's !
Cadaveric Hunter est au grind ce que le vomi est au mec qui a trop bu un samedi soir. C’est crade mais directement après on en redemande et on se replonge dedans . Après deux démos, c’est en 2006 que sort « Porcinet ». Trois ans après, « Disco Zombie » voit le jour et pousse son premier cri, ou premier rot, au choix, celui-ci s’annonçant aussi tordu que son prédécesseur.
L’artwork se veut relativement soigné : un espèce de zombie à l’air con, toutes dents dehors, nous toise du regard, comme s’il se bidonnait déjà de l’album que nous nous apprêtons à découvrir. Cependant, cet artwork se veut plus original et moins commun aux groupes de death/grind, toujours prêt à nous bombarder de sang et de merde. Au moins, on reste propre, du moins pour le moment.
Le Papayou Grind Death Metal que nous envoie en pleine tronche Cadaveric Hunter avec ce « Disco Zombie » est efficace. En effet, l’album se veut complètement barré et décalé, nous voilà face à une montagne de second degré que nous nous apprêtons à gravir. Vous êtes prêt… ? Même si vous ne l’étiez pas, cela aurait été égal car Cadaveric Hunter n’attend pas.
« Disco Zombie » ouvre avec « Hentai Samourai », au titre plus qu’évocateur, étant donné le genre de sampler dont nous affuble le groupe. Comment ça ce n’est pas clair ? On se croirait en plein milieu d’un…HENTAI ! Nous voilà calé entre les gémissements d’une demoiselle et les growls caverneux de Fleu. C’est un peu ça, Cadaveric Hunter, nous coincer entre de la bonne grosse déconnade tout en saupoudrant d’un zest de sérieux. Et ça, c’est le top. En effet, nous n’avons pas à faire à un vulgaire groupe de Grind nous balançant des morceaux durant 2 secondes chronos en main, mais nous sommes bel et bien en face de bons musiciens ne se prenant pas la tête. Soucieux de nous envoyer en plein estomac l’uppercut de leur musique, les morceaux se veulent soignés, comme par exemple avec « Napalm Croute » ou encore « C.S.A », dans lequel nous retrouvons ce sampler de jouissements si cher à notre petit cœur mou.
Le second degré est présent tout au long de l‘album, des piqûres de rappel telles que « Mike Bande » et « Enrico Machiasse » sont effectuées afin de ne pas nous faire perdre la trame générale de « Disco Zombie« . Soit dit en passant, une très belle chanson d’amour, si jamais vous avez un rendez vous, n’hésitez pas. J’espère que vous avez retenu la leçon : à quatre pattes dans les chiottes, en suçant ma… Comment ça stop ? Bon, d’accord.
Ce faisant, ces morceaux nous donnent une autre vision de la variété française, remise au goût du jour par les Chasseurs de Cadavres.
Toutefois, mention spéciale à « Mimi Krakra », qui nous donne l‘impression de mettre les doigts dans la prise tant la rafale musicale est virulente, et « Vikingsbrau » où Cadaveric Hunter opère sa décharge de testostérone mais fini toujours par partir en vrille un moment ou un autre, c’est ça qui est bon !
Malgré le second degré et la rigolade assurée, il est important de préciser que Cadaveric Hunter nous sert avec « Disco Zombie » un bon death/grind comme on les aime. Stuck et Aleks, à la guitare, nous expédie des riffs lourds et efficaces, permettant ainsi aux morceaux d’acquérir toute sa structure et sa méticulosité. Balti, dont les doigts manient la basse, apporte toute cette dimension écrasante à l’album. Quant à Jam, officiant à la batterie et au chant aux côtés de Fleu, c’est avec vigueur que les deux Chasseurs de Cadavres nous assène de growls puissants et énergiques avec des parties de batterie complétement dingues. Le chant jouant sur une palette de registres vocaux intéressante et variée, nous permettant de ne pas nous endormir sur le chant et d’en apprécier les moindres notes. Il est clair que les morceaux sont soignés et structurés, malgré cette impression de « fait à l’arrache » que le groupe souhaite nous donner.
C’est avec succès que Cadaveric Hunter opère son retour avec « Disco Zombie », trois ans après « Porcinet ». L’album se veut sans prise de tête de tête aucune et s’auto parodie avec humour. Cet album mêle deux éléments essentiels : le second degré et la méticulosité de musiciens passionnés, et ça, c’est tout ce qu’on recherche et le voilà concentré en un album : « Disco Zombie ».