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Finntroll... Un groupe bien particulier pour un genre qui l'est d'autant plus.
Le folk métal n’est pas certes très répandu, cependant il représente un fort intérêt musical qui bouscule nos habitudes.
Ur Jorden Djup sort trois ans après Nattfödd, et ma première opinion était qu'il serait difficile aux hommes du Nord de faire mieux que leur précédent album.
En outre, le groupe venait de subir le départ du chanteur Tapio Wilska , remplacé par Matthias Lillmåns alias Vreth.
Nouveau chanteur, trois ans d'absence, qu'en serait-il du nouvel album?
L'album présente en premier lieu une apparence austère, sombre et donc peu accueillante. L'illustration sur le cd reprend celle de la couverture, et cela est du plus bel effet. On ne peut cependant pas en dire autant du livret accompagnant le cd, composé essentiellement des paroles des chansons dans un cadre noir et blanc. Quand on regarde le dernier album de
Korpiklaani à titre de comparaison, avec pour chaque chanson les paroles en version originale puis traduites en anglais et suivies par une explication du conte dont elles sont issues, on se dit que les trolls auraient pu mieux faire.
La première piste est une introduction de plus de trois minutes, très progressive, avec les habituels effets sonores typiques de toutes les introductions de
Finntroll: Corne de brume, grognement « trollesques » inquiétants, vent, eau... Une partie calme au clavier, l'ambiance est tranquillement posée, pour augmenter progressivement jusqu'à obtenir une ambiance guerrière saccadée. Et ce, grâce à la présence en fond de guitares saturées. Il se dégage de cette introduction une impression de puissance, qui croît progressivement. Et comme d’habitude, lorsque l’intensité de la musique atteint son paroxysme, on enchaîne directement sur la première chanson de cet album : Sång.
Sång est une furie. Vreth est véritablement bon, et nous offre une voix typée black métal, qui se marie à merveille avec l'ambiance de la musique. Et c'est justement là qu'est le problème,
le coté Folk et trollesque qui caractérise
Finntroll est presque absent pour laisser place à une ambiance sombre et grandiose. Mais, malgré le manque de folk, cette chanson est bien écrite et bien inspirée : un riff bien ficelé qui sait conserver son énergie, un son puissant et surtout, une partie au clavier pertinente qui renforce le coté épique du morceau.
Je suis d'emblée rassuré par la seconde chanson: Korpens Saga, où l'on retrouve le coté dansant et festif du groupe mais tout de même desservi avec une ambiance beaucoup plus black que les précédents albums. Le synthétiseur de Trollhorn, qui tient les parties folk, est très présent et les guitares, saturées comme il se doit, assurent des parties plutôt mélodiques.
Le reste de l'album restera dans la lignée des chansons précédentes.
Tantôt épique et grave comme dans Nedgång, Ur Djupet et Slagbröder, tantôt on retrouvera le caractère trollesque et balançant de
Finntroll, notamment avec En Mäktig Här et Maktens Spira.
Certaines chansons auront un impact beaucoup plus brutal, avec Slagbröder dont la partie chant est particulièrement réussie. Dans le même esprit, Ormhäxan est une tornade black où reste cependant présent le coté folk de la humppa (musique à danser traditionnelle finlandaise ).
La partie lente de cette chanson (vers 2:50) est une véritable merveille, avec notamment de nombreux glissés à la basse bientôt repris par les guitares, ce qui apporte une puissance redoutable relance avec efficacité le riff principal.
Le cd se conclu par une traditionnelle partie folk (car présente dans presque tous les albums de
Finntroll) à l'ambiance calme et nostalgique avec de belles parties d'accordéon, de flûte, et de percussions traditionnelles. La partie cachée en fin de cd est également très sympathique (flûte, banjo et solo de Kazoo, ambiance qui contraste nettement avec le reste de l’album).
Une chanson se démarque également par son caractère grave et lent, il s'agit de
Under Två Runor.
Et je dirais que cette chanson, bien qu'à part, est tout à fait représentative de l'évolution du groupe.
Pour la majorité des œuvres qui composent cet album,
Finntroll a mis de côté son caractère dansant, entraînant, et à adopté un ton grave, épique et définitivement plus violent. Simple exception à la carrière du groupe ou tournant radical ? Cet album est donc unique dans la discographie de
Finntroll. On peut regretter que le coté trollesque typique du groupe soit moins présent et les parties folk moins marquées, cependant, l'album est soigné et bien écrit avec une personnalité propre que l'on reconnaît à
Finntroll.
Les hommes du Nord sont bel et bien de retour, et cet album fait honneur à leur discographie.