La pochette d'Elephantyasis surprend, pour du stoner. Couleurs sanguines, ambiance plus BD que disque, voilà le premier aperçu du skeud de Last Barons, un combo normand. Et l'éléphant, vêtu d'un complet, rappelle le film de Lynch. Voilà pour ce qui est du graphique, et la musique dans tout ça ?
Au premier abord, rien de surprenant: on avait annoncé du stoner, on en a. Le son de guitare rappelle presque
Cathedral. Il ronfle et garde ce côté tellurique qui le rapproche du doom metal. Mais sinon, on est pas spécialement dans le metal. En effet, si les riffs sont lourds, Last Barons taquine plus la fureur du rock alternatif des 90's que du heavy metal. Et la voix, elle, reste très clair. On sent beaucoup les influences affichés, outre l'alt rock d'il y a 20 ans,
Alice In Chains. Voilà qui est plaisant.
Mais ce qui est encore plus réjouissant, c'est l'aptitude du groupe à surprendre. Tout d'abord, après un côté rapeux et alcoolisé sensible dès le début, la deuxième piste, Wallstreet's Men, ressemble à du jazz joué par
Clutch, et cela avec une maîtrise certaine des instruments et du propos. Et ce n'est pas "la" piste jazzy histoire de. Ethanol Blues est aussi à écouter, et fait penser aux expérimentations de
Faith No More. La dernière piste, Dead Rain, introduit elle une flûte (!) dans ce qui est une ballade désabusée et apocalyptique à souhaitVoilà qui est réjouissant. Les gaillards connaissent leur sujet, tant sur les chansons énervées où ils déploient une énergie rock maîtrisée, que sur les ovnis qui garnissent agréablement cette galette.
Difficile de trouver à redire à cet album. L'exercice du premier album est toujours ardu, mais Last Barons le passe haut la main.