Qu'il aura fallu attendre avant de poser nos oreilles attentives sur ce nouvel album des suédois d'Engel! Si les trois années séparant ce Threnody d'Absolute Design ne sont pas en soit une durée spécialement longue entre deux opus, c'est vraiment la réussite du premier opus qui est à l'origine de ce sentiment d'attente, renforcé en début d'année lorsque l'on a appris que Threnody sortirait au Japon puis en France avec plus de six mois d'écart...
Quoiqu'il en soit, le voilà ce fameux Threnody. Au programme, onze morceaux de Death Mélodique moderne mixant certains éléments Indus, pour un résultat tout ce qu'il y a de plus accrocheur.
S'il fallait décrire Threnody en quelques mots, le mieux serait de dire qu'il s'agit de la plus logique des continuités d'Absolute Design. En effet, son prédécesseur avait posé en 2007 les bases d'une musique catchy, moderne, que l'on décrivait à l'époque comme étant un mix parfait entre
Linkin Park et
In Flames. Trois années plus tard, le all-star band suédois (Engel compte des membres et ex-membres de groupes comme Gardenian,
In Flames,
The Crown, Marionette ou encore
Evergrey...) a choisi d'enfoncer le clou en poursuivant les choses telles qu'il les avait laissé.
On ne s'étonnera donc pas de retrouver des refrains imparables ("Sense the Fire", "Six Feet Deep" ou encore "Feed the Weak"), noyés dans des arrangements divers, eux-mêmes appuyés par des riffs monstrueux ("Threnody", "For Those Who Will Resist", "Every Sin (Leaves A Mark)"...). La musique se veut énergique, sans être forcément extrême, mais surtout moderne, dans la production comme dans les effets utilisés.
A l'image d'Absolute Design, quelques ballades font leur apparition ("Perfect Isis", "To the End"), s'imbriquant parfaitement dans le reste des compositions. Une recette qui a déjà fait ses preuves lors de la dernière sortie d'Engel. Là encore, on notera la sacrée prestation de
Magnus (chant), offrant un véritable relief et une personnalité propre aux morceaux (le combo en a bien besoin pour se tirer du spectre insistant d'
In Flames...).
Plutôt que d'insister sur le fait que Threnody ne peut que se résumer à un Absolute Design-bis, jouons à pointer les différences entre les deux opus. La première, évidente: les compositions semblent plus pêchues, taillées pour les planches. Pas de doute, en live, les nouveaux titres devraient très bien s'en sortir!
La seconde, les différentes facettes de chant. En effet, Engel ne compte désormais plus seulement sur une dualité hurlements/chant clair, puisque l'on retrouvera avec une certaine surprise quelques growls ("Threnody") et un chant clair plus caverneux, pas si éloigné de feu Peter Steele de
Type O Negative (sur le très bon "Perfect Isis").
Après? Ben c'est tout, pas d'autres nouveautés à se mettre sous la dent, Engel se contente juste d'envoyer le paquet...
Avec un second album de la trempe de Threnody, il est évident qu'Engel confirme son statut de poids lourd de la scène Death Mélodique suédoise. La musique est percutante, accrocheuse, les riffs sont solides et le chant est une vraie réussite. On regrettera cependant que le combo de Göteborg ne prenne pas plus de risques (hormis ceux évoqués plus haut), et qu'il ne parvienne pas encore à totalement chasser l'ombre d'un
In Flames vieille époque ("Every Sin (Leaves A Mark)")...
Sinon, il serait injuste d'affirmer que Threnody n'a pas l'étoffe d'un bon album de Death Mélodique moderne, d'autant que les refrains accrocheurs sont légions...
Engel n'aura plus qu'à peaufiner sa recette pour le troisième opus, ce n'est qu'à cette condition que la bande de Niclas Engelin pourra prétendre au trône du Death Mélodique...