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Bon c’est pas possible, c’est quoi ce bordel ? Un site consacré au métal, sur lequel on ne trouve pas de chronique d’Accept. Je sais bien que l’âge d’or du groupe correspond à peu de choses près au moment où les membres de la team MS quittaient leur père pour rendre visite à leur mère sous forme gluante à flagelle, mais bon quand même, on respecte l’histoire !
Décidément, faut qu’je sois partout moi ! Alors reprenons. Dans le fond, on prend des notes, parce que papi ne va pas répéter (j’ai encore une verveine à avaler et des géraniums à rempoter).
L’histoire se passe en Allemagne, en l’an de grâce 1983.
Scorpions est au top, mais casse un peu les roubignoles avec ses slows de la mort. Là-dessus, arrivent cinq mecs, un peu beaucoup énervés, avec à leur tête un petit excité en treillis dont le jeu préféré semble être de se passer les cordes vocales au papier de verre pendant les longues soirées d’hiver. Les autres, leur trip, c’est plutôt le cuir, les pantalons moulants, et le headbanging avant-arrière bien en ligne (Ah la discipline allemande !).
Après avoir sorti trois albums bien rentre-dedans émaillés de quelques perles mémorables, ces petits galopins ont passé la vitesse supérieure avec l’opus précédent, le très bon "Restless & Wild".
Ce joyeux orchestre, répondant au doux nom d’Accept, décide donc en 1983 de mettre les points sur les i pour ceux qui n’auraient pas encore compris que heavy metal se traduit globalement par "métal lourd". Et eux justement, ils vont se concentrer sur le mot LOURD !
Pour ne pas perdre de temps et se faire bien comprendre, le premier morceau servira de leçon. "Balls to the Wall" une rythmique en plomb, un tempo martelé en direct de la forge, une voix qui incarne à elle seule la rage et l’agressivité (au service d’un texte qui est une véritable ode à la rébellion) et pour les plus longs à la détente un clip vidéo qui explique de façon assez détaillée comment casser un mur avec sa tête.
Ensuite, neuf bleuettes complètent cette œuvre fondatrice de ce que certains appellent parfois "le hard allemand" : c’est carré, c’est précis, ça n’incite que modérément à la gaudriole, et c’est ponctué de refrains ultra-puissants, idéal pour ce faire de nouveaux amis pendant les concerts (par contre, ça marche moins bien avec les voisins de palier).
Le tempo ne s’élève que rarement ("losers & Winners" "Love child"), mais les mélodies sont imparables ("Losing More Than You’ve Ever Had" ou mon petit préféré "Guardian of The Night", sur lequel Wolf Hoffmann livre un solo tout en feeling).
Autre avantage indéniable de cet album : les riffs sont souvent très simples à jouer, ce qui explique l’influence qu’il a eu sur bon nombre de gratteux en herbe. Ici, c’est la mise en place qui fait la différence (même si chaque musicien remplit parfaitement bien son rôle).
Alors, c’est sûr, il y a des petits détails qui ne plaisaient pas à tout le monde. La voix très aiguë de Udo (je renonce à écrire son nom, c’est vraiment trop compliqué), son look paramilitaire (cette tenue sur un allemand, ça en défrisait plus d’un. Moi, c’est le principe même du militaire qui m’énerve !), le tempo très lent de l’ensemble de l’album (personnellement, je ne connaissais que "Fast as a Shark" avant, et à la première écoute, je me suis demandé si je ne m’étais pas planté de vitesse sur mon tourne disque. Véridique !) [On ne glousse pas sur l’âge du prof bande d’impertinents dans le fond]
Mais le temps, comme toujours à fait son œuvre (ouah c’est beau ça !) et rendu justice à ce "Balls To The Wall", probablement le disque le plus complet d’un groupe qui a marqué son époque et posé les bases d’une musique qui, comme certains chroniqueurs, ne vieillira jamais.