Il en aura fallu du temps à Eole Noir pour nous faire part du total potentiel de sa musique !
Des démos parfois bancales, sans chant laissaient tout de même entrevoir un groupe en devenir, un groupe qui saurait nous surprendre ! C’est désormais chose faite ! Et quoi de plus logique que de donner un titre du nom du groupe à ce premier album quand celui-ci correspond précisément à nos attentes ?
C’est donc sous le titre éponyme de Eole Noir que sort le tout premier album de cette entité mystérieuse et belge, après une sortie considérable de démos et splits…
Première surprise, seulement deux titres apparaissent sur cet album. On se demande si ce n’est pas une énième démo du groupe que l’on s’apprête à écouter, mais finalement, ces deux titres sont d’une longueur oscillant entre 11 et 13 minutes chacun, ce qui dévoile une seconde surprise. Jamais Eole Noir ne s’était aventuré sur des titres aussi longs, et pour nous faire ça sur un premier album, il faut être sacrément culoté !
C’est alors que l’on plonge en plein cœur de l’hiver, je dis ça parce que le son étouffé me fait sensiblement penser au silence glacial de la
neige… Et, fidèle à son Black Metal à la fois Raw et mélancolique, Eole Noir nous embarque dans la tourmente, dans la torpeur d’un soir où le soleil n’est plus et chaque vie prend fin pour laisser derrière elle un monde stérile et dévasté. Bien plus efficace qu’un Suicidal Black de
Shining ou autre, Eole Noir joue du pur Black Metal, avec des riffs tournoyants, répétitifs et répétés, le tout avec une lourdeur écrasante et presque triste. On pense à des groupes comme Hiver Noir, ou encore Lycanthropy’s Spell dans l’approche Old School du Black Metal froid, sombre et désabusé. Et pourtant, on repère tout de suite que ce sont les premiers
Burzum qui constituent l’influence majeur du duo infernal belge.
Sur ce nouvel album, Eole Noir nous donne la chance d’écouter enfin un peu de chant. Si certaines démos étaient entièrement instrumentales, on sentait que la présence démoniaque du chant viendrait ajouter quelque chose de plus ! C’est évidemment le cas !
Mais, pas vraiment à l’aise avec le chant, les belges nous offrent une seconde surprise avec un nouveau titre entièrement instrumental,
Les Larmes de la Nuit mais contrairement aux autres, il explore de manière bien plus profonde ce côté guitaristique froid et lumineux à la fois, la fin du désespoir. On repère vaguement The Call Of Ktulu de
Metallica, ou encore Springtime Depression de
Forgotten Tomb, des titres qui à eux seuls permettent de savoir où veut en venir Eole Noir dans son expression musicale.
Un premier album tant attendu de la part des fans de la première heure, et un album qui sera sans doute à la hauteur des attentes ! Montrant un groupe qui a grandement évolué, on est en droit d’attendre à nouveau la suite avec impatience ! Car il est vrai qu’un album d’une vingtaine de minutes, on reste sur sa faim…