Le parcours d’Abigail Williams ne pas tracé comme la plupart des groupes qui sortent un album et qui se contentent de faire et refaire éternellement la même chose. Parti avec un EP qui présentait un Black Mélodique avec quelques éléments très modernes, le groupe avait vite été taxé de groupe de Black/Deathcore. Et, soyons honnêtes, tout ce qui est ‘core’ a tendance à agacer pas mal de chevelus fidèles à la vieille école et plutôt frileux lorsqu’on aborde le terme de ‘modernité’. Finalement, c’est avec son premier album, In The Shadow Of A Thousand Suns, sorti en 2008 que le groupe s’est vraiment fait connaitre. S’il a vite été assimilé à
Cradle Of Filth ou
Dimmu Borgir avec ce premier opus, In Absence Of Light, nouvel album risque de faire changer les opinions.
Après un EP et deux singles, le groupe a évolué et impose un style bien plus personnel et heureusement pour lui. Exit les aspects Deathcore pour se concentrer sur une sorte de Black Metal puisant toujours ses influences dans les vieux
Dimmu Borgir. Les américains misent vraiment beaucoup sur les ambiances, d’où les aspects symphoniques quasi-omniprésents.
Les compos sont carrées, la batterie blaste avec précision, les guitares se veulent violentes, agressives, et sombres ! La basse pointe le bout de son nez de manière à rehausser la puissance de tout ce chaos apocalyptique. Du côté du chant, on n’observera rien de particulier, chant Black classique dirons-nous… Mais évidemment, le tout est empli de haine, et les riffs qui rythment le tout viennent asseoir un son massif et écrasant.
Mais malgré des moyens plus que conséquents et une promotion du tonnerre, Abigail Williams ne joue pas la carte de l’originalité, et au contraire, il se perd dans les clichés inhérents au Black Sympho. Et si le groupe prouve à plusieurs reprises qu’il développe une identité propre, on retrouve beaucoup d’emprunts à Cradle,
Dimmu Borgir, et j’irais même jusqu’à dire Cultus Sanguine pour l’accent sur les ambiances morbido-gothiques. De nombreux groupes se sont essayés dans ce domaine musical, mais malheureusement pour eux, il ne reste que les piliers, les références ultimes. Et pour se faire une place dans ce milieux souvent décrié, il faut faire ses preuves et proposer quelques chose d’innovant que l’on ne retrouverait pas chez ces combos cités plus haut. En écoutant Abigails Williams, je pense à Eyes Of Noctum, le fameux groupe du fils de Nicolas Cage… On retrouve une prod cristalline, puissante, moderne, on retrouve des moyens conséquents, mais au final, la musique n’a pas l’âme qu’elle devrait avoir, contrairement à si elle avait été faite avec les tripes uniquement. Car c’est ça qu’on peut encore sentir sur les premiers Cradle ou Dimmu, une hargne sans pareil, la crasse et la décadence, une époque où les groupes croyaient vraiment en quelque chose, une époque où jouer du Black Metal était presque clandestin, dangereux…
Abigail Williams ne semble pas avoir connu cette époque et donc son état d’esprit lors de la composition trahit un certain manque de couille et ainsi, il propose donc une musique très lisse, très accessible, pour le plus grand plaisir de certains, certes.
Ceci-dit, on peut aisément sentir une volonté plus que louable de créer des atmosphères lourde et pesantes tout au long de ces huit titres. On peut palper les ténèbres, on se sent dans le noir et la pénombre la plus épaisse, et ça colle carrément au concept de l’album qui nous fait voyager au travers des entrailles ténébreuses de la terre.
Au final, Abigail Williams sort un nouvel opus plus que correct d’un point de vue strictement musical. Malheureusement, la précision et l’accessibilité de la musique s’adressera sans doute à un public d’ados en manque de sensations musicales. Un disque que tout bon petit trend qui se respecte se doit de posséder.