L’annonce de Damnation avait semé le trouble dans la communauté des fans. Un an après le très noir Deliverance,
Opeth dévoilait un prochain album exclusivement acoustique. Une surprise de taille qui révèle en fait la volonté de créer un diptyque reposant sur la dualité entre la lumière et les ténèbres issue de l’esprit d’Akerfeldt.
Après écoute de l’album, la surprise n’est finalement pas si grande que prévue. En effet, si Deliverance se révèlait être l’un des albums les plus violents du groupe, il tenait déjà ce prélude à Damnation avec certains éléments d’ « A Fair judgement ». Si l’on pouvait aussi s’attendre à une totale différence du point de vue émotionnel, il n’en est rien, Damnation conserve une ambiance sombre mais peut être plus poétique de par son côté acoustique : « Closure » et son approche orientalo-mystique, « Weakness » pour son imagerie dépressive rappellent Deliverance.
La différence est cependant notable, l’album faisant la part belle à l’acoustique. Ainsi, des titres tels que « Windowpane » et « Hope leaves » se distinguent de cette noirceur amorcée par Deliverance par leurs touches assez Rock et plutôt positives. Du point de vue de la composition, Akerfeldt témoigne de sa maîtrise de la musique en nous délivrant des morceaux magnifiques et toujours aussi progressifs, à l’instar de « To Rid the disease » et ses nappes de piano pluvieuses ou « Windowpane » et ses accents quelque peu bluesy tapissés de lignes de clavier enchanteresses. Maîtrise de la musique mais aussi maîtrise vocale, Akerfeldt faisant preuve d’un lyrisme jamais excessif, se mettant ainsi au service de la musique en elle-même plus que de lui-même.
Damnation complétait donc le diptyque en démontrant l’aisance d’
Opeth à l’acoustique et en gardant une part de noirceur importante qui rappelle l’affiliation directe d’
Opeth au Metal. Un album magique, qui trouve sa place dans la discographie du groupe, malgrè sa différence. Un coup de maître de la part des Suédois et une démonstration de polyvalence qui force le respect.