Mine de rien,
The Legacy était un véritable poing dans la tronche. Un disque de thrash sévèrement burné qui n'avait pas à rougir de l'illustre concurrence qui ravageait consciencieusement les USA dès le milieu des années 80. Alors béni soient les Zazula qui ont donné un coup de pouce à ce genre musical en étant les premiers à flairer
Metallica et avoir permis de ce fait l'émergence d'une scène qui ne connait pas la demi-mesure.
De Metallica, il en est question quand on aborde le second album de Testament. L'ensemble est moins rapide, on trouve plus de mélodies, le chant est plus posé (
Chuck Billy s'égosillait réellement comme un damné sur le premier opus). On retrouve donc une certaine similitude mélodique même si le propos n'est pas franchement le même. Testament se montre moins bien technique, la faute à un batteur qui bastonne sévèrement mais qui n'est pas porté sur les breaks assassins et qui en définitive, ne varie pas souvent son jeu. Les chansons sont prétextes à des collections de riffs mêlés de soli meurtriers d'
Alex Skolnick, d'autant plus impressionnant qu'il a plus de place ici pour s'exprimer.
The New Order est donc un album plus lent que The Legacy. Les premiers morceaux sont relativement mid tempo, le title track hérite même d'une introduction à consonance maidenesque, ce qui n'est pas pour déplaire. On retrouve également les explosions telluriques dignes du premier effort, s'inscrivant dans une logique limite agaçante (
The Preacher,
Into The Pit... On a l'impression que le groupe a essayé d'évoluer, de devenir plus personnel et qu'il a eu du mal à faire un compromis sérieux. On trouve donc des copies carbones de missiles de The Legacy coincées au milieu de compositions étrangement répétitives, où l'on a du mal à retenir un riff marquant, ce qui peut être gênant. Une reprise d'
Aerosmith vient s'intégrer à l'ensemble tant bien que mal. Vocalement, le résultat n'est pas à la hauteur des espérances même si Testament a su se l'approprier. Mais ce qui aurait été à la rigueur sympa sur une face B de single tend à tirer The New Order vers le bas.
Pourtant, on sent cette volonté de bien faire, de se montrer assez accrocheur pour pouvoir être à la hauteur du Big Four. Hélas, en sacrifiant de son efficacité pour offrir un album de thrash plus accessible, Testament s'égare un peu et passionne bien moins, surtout que l'ombre de The Legacy plane malgré tout sur l'ensemble. Un album qui n'est pas mauvais en soit mais qui manque singulièrement de personnalité et peut-être bien de couilles finalement.
The New Order, c'est The Legacy en plus lent. The New Order, c'est The Legacy en plus mélodique. The New Order, au final, c'est surtout The Legacy en moins bien. Pas une catastrophe, mais une petite déception en soi.