La situation de
Testament n'est pas très glorieuse après
The Ritual paru en 1992. L'album n'est pas exempt de défauts, mais il est loin d'être la catastrophe décrite avec une certaine condescendance. Cependant, l'échec commercial a suffisamment ébranlé le groupe qui se disloque :
Louie Clemente et surtout
Alex Skolnick sont virés (ce dernier deviendra le bouc émissaire de la raison du plantage de The Ritual...) mais
Testament se refuse à splitter. Et le combo va alors sortir un EP histoire de présenter un nouveau line-up et surtout, rassurer les fans.
La pochette pourrait être celle d'un groupe de death, genre qui était alors fortement à la mode (à la moooooooooooodeuh de cheeeeeeeeeez nouuuuuuuuuuuuuuus !) et se montre limite grotesque. Passant ce détail, on jette un coup d'oeil sur la set-list. Ah ! il doit y avoir du live là-dessus, y a des morceaux qui datent d'un lointain et glorieux passé ! Chouette ! Puis
So Many Lies n'est pas le titre le plus dégueux de The Ritual ! Et effectivement, ce n'est pas la pire interprétation que l'on puisse entendre, le rendu particulièrement heavy de cette composition a quelque chose de très rampant et d'absolument malsain qui ne détone pas avec les standards thrash.
Quatre morceaux live, c'est franchement peu. On n'est pas sidéré par la prestation non plus (et pourtant, il y a
Paul Bostaph derrière les fûts). Le public est présent, le groupe joue pas franchement mal, pas super bien non plus, un extrait de concert honorable mais manquant cruellement de génie. Puis on se retrouve avec un titre studio,
Reign Of Terror, une vieillerie que l'on trouvait à l'origine en face B sur single
Trial By Fire, ainsi qu'avec la version raccourcie de
Return To Serenity, amputée de deux bonnes minutes.
Et ?
Et excepté ce titre rare,
Reign Of Terror, qui se paye le luxe de ne pas être fabuleux de surcroit, pas grand chose à se mettre sous la dent, cet EP sent rapidement le renfermé et pire, le cimetière mal entretenu. Un disque rare, inutile, et qui, sincèrement, ne vaut pas le coup.