Qui a dit que le Metalcore américain avait perdu de sa superbe? Qui a osé prétendre que tous les groupes récents du style n'ont aucune âme et aucune originalité? Quoique vous en pensiez, les ricains de Widow Sunday sont là pour prouver que tout n'a pas encore été fait dans le Metalcore... Et le label Rat Pak Records l'a semble-t-il bien compris en accordant une chance au combo du Massachusetts, qui ne disposait avant cet In These Rusted Veins que d'un EP, certes bien reçu par la critique, mais quand même.
C'est donc parti. Si vous avez eu l'occasion de traîner sur la page Metalship de Widow Sunday, vous aurez remarqué cette dénomination bizarroïde: Metalcore Puissant et Groovy. Non pas qu'il faille absolument poser une étiquette sur le style joué ici hein, c'est juste que ce sont trois mots qui reviennent le plus à l'esprit après l'écoute d'In These Rusted Veins.
Metalcore bien sûr, pour ce qui est de la construction des morceaux: gros riffs-mitraillettes (pas si éloignés d'
Unearth), chant typique mais ô combien efficace et batterie plus que généreuse. Puissant, pour l'impact de tous ces éléments réunis, et Groovy pour ces mélodies ultra-présentes et ce côté dansant, voire presque Dance par moment (si si, écoutez donc "Forever Slep", "Blood Money" ou "Symbiont"!).
Tout débute sur une intro atmosphérique, avant de plonger corps et âmes dans un "Channeled" puissant, bien que trop linéaire. A ce stade de l'écoute, je reconnais avoir eu le mauvais pressentiment d'avoir affaire à un groupe peu inspiré, plaçant toute son énergie dans la brutalité de ses compositions à défaut d'être réellement innovant.
Mais cette fausse idée se dissipe rapidement avec ce qui suit: "Forever Sleep" annonce ce fameux aspect dansant (la rythmique y est pour quelque chose), mêlé à cette débauche d'énergie brute. La recette en a dans le pantalon, et il est bien difficile de rester indifférent à ce refrain accrocheur... D'autant que Widow Sunday exploite à fond cette voie! Il ne sera donc pas rare de passer de parties brutales à souhait ("Swell the Seas") à des interludes plus reposantes ("Tragoedia", superbe), pour repartir de plus belle sur les sons d'un marteau-piqueur (véridique) avec le quasi Death "Hippie Drill"!
Vous l'aurez bien compris, Widow Sunday brasse les styles, pioche ses éléments dans des sonorités qui paraissent éloignées, et pourtant ça marche! Il faut bien reconnaître que les américains disposent d'un talent certain ("Dust Angel"!), et d'une réelle envie d'en découdre... On imagine sans peine les dégâts en live!
Les musiciens maîtrisent leur sujet, et même si la fin d'album paraît un peu fade et trop répétitive ("In the Silence"...), In These Rusted Veins s'avère être un très bon début. D'ailleurs, pour un premier effort, la production est absolument époustouflante, digne des dernières grosses pointures du style!
Au final, c'est une vraie tornade musicale qui s'est abattue sur nous le temps des 45 minutes de cet In These Rusted Veins! Widow Sunday a du potentiel, de la rage et du talent, c'est désormais indéniable. En véritable bouffée d'air frais, cet opus se place parmi les albums de Metalcore les plus originaux du moment. Il y a fort à parier que les américains feront parler d'eux rapidement, surtout qu'avec un départ aussi tonitruant, les perspectives d'évolution deviennent plus qu'alléchantes...
Quoiqu'il en soit, je réserve mon ticket pour le prochain Widow Sunday!