Si vous n’avez jamais entendu le nom de
Corey Taylor, vous venez probablement de la planète Mars, ou avez vécu sur une île déserte avec un banc d’huîtres pour seule compagnie au cours des presque 15 dernières années (et dans ce cas là, je vous plains vraiment)…
Frontman emblématique du «légendaire»
Slipknot, qui sert depuis une décennie maintenant de porte d’entrée dans le
Metal à des hordes indénombrables d’ados boutonneux (oui, pas la peine de me regarder de travers, si vous avez aux alentours de 20 ans vous y êtes passé aussi), le n°8 du gang de
Des Moines (
Iowa) est une authentique célébrité dans le milieu, et il prête souvent son organe (sa voix, hein !) à d’autres groupes, parmi lesquels on peut compter
Apocalyptica ou
Roadrunner United, All-Star band maison, qui a sorti un album en 2005 pour célébrer les 25 ans du label.
Fort de cette notoriété, c’est en 2002 qu’il déterre et remet sur pieds son ancien groupe,
Stone Sour, en faisant appel aux guitaristes
James Rand et
James Root (lui aussi membre de
Slipknot), au bassiste
Shawn Economaki et du batteur
Joel Ekman, qui sera ensuite remplacé par
Roy Mayorga, anciennement marteleur chez
Soulfly, suite à divers problèmes internes.
Huit ans et deux albums plus tard,
Stone Sour revient fin 2010 avec une nouvelle galette en poche, «
Audio Secrecy»...
Tout au long de l’écoute de ce nouvel album, une question nous brûle les lèvres…
Mais où diable sont passés les musiciens énervés qui avaient pondu le très bon «
Stone Sour» en 2002 ? Alors que «
Come What(ever) May» (2006) avait encore quelques relents d’agressivité, malheureusement noyés sous une tonne de niaiseries musico-commerciales, «
Audio Secrecy» manque cruellement de patate, et s’avère très vite ennuyeux.
Dans leur très grande majorité, les titres sont plats et convenus, avec le bon gros refrain mélodique qui va bien au milieu de chaque chanson, ce qui nous donne l’impression que
Stone Sour se casualise encore un peu plus, et qu’il ne faudra pas plus d’un ou deux albums avant que le groupe ne se mette à faire du
Rock pour minettes à peine pubères et en manque de sensations fortes.
On trouve quand même, au milieu de toute une pelletée de balades mignonettes et sirupeuses bien comme il faut et de morceaux franchement bateaux, quelques titres un peu moins mollassons qui parviennent à nous faire légèrement remuer la tête, comme «
Mission Statement», «
The Bitter End» ou encore «
Hate Not Gone» (l'un des titres bonus du disque), mais rien de bien transcendant.
Quelle tristesse, quand on sait que le groupe est capable d’arracher des colonnes vertébrales à tour de bras, comme il l’avait fait avec son tout premier single «
Get Inside» (tiré du premier album), qui à défaut d’être d’une grande originalité, était extrêmement efficace et donnait furieusement envie de tout défoncer autour de soi…
Enfin, Quoiqu’on pense de cet album, on ne pourra jamais enlever à
Corey Taylor le fait que c’est un excellent vocaliste, respecté par ses pairs, au timbre reconnaissable entre mille, et aussi à l’aise lorsqu’il hurle que lorsqu’il chante en voix claire.
Bref,
Stone Sour semble suivre inexorablement la même trajectoire que son mauvais génie, j’ai nommé
Slipknot (qui n'est plus aujourd'hui qu'une immonde machine à fric), et s’enfonce de plus en plus dans les abysses de la banalité et de l’affligeante médiocrité. Tout n’est cependant pas à jeter sur cet «
Audio Secrecy», qui pourra en plus de quelques titres relativement sympathiques, compter sur une production aux petits oignons.
Tout cela reste malheureusement insuffisant pour que nous puissions décemment le classer dans la catégorie des bons albums, et il ne fait aucun doute que s’il continue sur sa lancée, le groupe ira droit dans le mur…
Un album parfait pour rouler des pelles après une soirée étudiante bien arrosée.
Attention toutefois à ne pas vous transformer en machine à laver…