10 000 Days - Tool
Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.
Tool - 10 000 Days
5 ans, 5 ans durant lesquels on avait eu à loisir le temps d'oublier les américains de Tool, 5 ans qui les ont vus s'éloigner les uns des autres, puis préparer attentivement leur retour avec ce nouvel opus.
Tout d'abord un mot sur le packaging. Ni boîte ni digipack, c'est dans un triptyque rigide qu'est niché le CD accompagné d'une série d'artworks qu'une paire de lentilles nous révèle en trois dimensions. C'est ainsi que l'on est invité à franchir le premier pas pour pénétrer l'angoissant univers de Tool.
Le son est toujours aussi aérien, la dynamique de l'album reposant sur le trio voix-rythmique-guitares, chacun des musiciens ayant réussi à se sublimer pour parvenir à ce surprenant résultat.
L'efficacité des compos est indéniable, l'album bénéficie d'un rythme, déséquilibré par de longues parties instrumentales, à l'image de Virginia Tres, qui clôt l'album.
La voix, instrument à part entière, fine et claire, au summum de sa puissance sur The Pot, sait toujours trouver le bon ton. Avec son contraste net sur une musique qui sait être lourde et tranchante, sans virer dans les habituelles facilités du genre, Maynard James Keenan nous livre un vrai petit bijou de savoir-faire vocal.
Point ici de solis outranciers, de rythmes effrénés mais juste une sorte de réalité, décrite d'une manière terriblement efficace.
Une multitude de morceaux instrumentaux de toute beauté, (comme Lost Keys), mêlés à la performance vocale qui le précède, Lipan Conjuring, contribue à une profonde désorientation, directement lié à ce foisonnement de technicité.
Mais c'est surtout un travail d'une extrême précision jusque dans les arrangements, dont il se dégage une sorte de complémentarité entre chaque son, suscitant ce trouble, ce doute, cette solitude, si proche dé tout ce qu'on étiquette "atmo" (Wings, Pt.2 est le parfait résultat de cette alchimie.)
La musique sait rester rythmée, sortir des codes, et paraître riche tout en restant d'une apparence odieusement sobre.
10.000 Days semble être un éveil, non à un monde nouveau, mais à une dimension autre, rien ne semble exotique et pourtant la sensation de s'ouvrir à quelque chose d'inconnu est omniprésente.
Alors bien sûr on peut ne pas accrocher au style, se languir de la durée des pistes, mais l'on doit admettre que Tool a su ajouter à son œuvre une nouvelle pièce maîtresse.
10 000 days serait un album à écouter en une seule fois, seul et au casque, dont on sortirait lessivé, étant passé par toutes les sensations de cette catharsis.