Pour appréhender pleinement toutes les subtilités d’une œuvre aussi démesuré que ce triple recueil, il nous faudrait sans aucun doute une application digne des plus éminents chercheurs de vestiges. Le chantier apparait donc comme vaste, et les trésors comme nombreux et prometteurs. Armons-nous donc d’outils et de patience avant de, mû par cette exaltation propre à la passion d’une future découverte à venir, plonger au cœur du site.
Commençons donc par donner un premier coup de pelle dans la couche apparente et déterrons l’objet de convoitise. Dixième édition de la compilation du webzine French Metal, ce Songes et Cauchemars, nous proposent, en un coffret superbe, de découvrir pas moins de soixante groupes. En un livret magnifiquement détaillés, il présente succinctement chacun des artistes présents. Ce détail est d’importance puisqu’il nous permet un certain confort dans une exploration qui, sans cela, aurait pu très vite devenir désordonnés et harassante. Notons aussi, en cette première ébauche du fruit exhumé de cette prospection, que sa valeur marchande est éminemment attractive.
Poursuivons cette observation en examinant, plus attentivement encore, les détails de cette découverte. Bien évidemment il serait utopique de vouloir exposer ici dans les moindres détails chacun des groupes, chacun des titres et chacun des genres musicaux défendus sur cette relique tant le spectre en est relativement large. Disons simplement que l’ensemble, dont la séléction et la réalisation est l’œuvre de Petebull, propose les senteurs extraordinairement variées et extraordinairement diverses de mélopées multiples. Il convient de préciser cependant que l’objet exhale les doux parfums de musiques essentiellement modernes. Ici donc point trop de Hard Rock habité par un passéisme démodé, point de Death Metal incurablement tourné vers un d’anciennes aspirations, point de Black Metal dévolu à la pureté originel du genre, point de Heavy couvert de clou, de cuir et de clichés. Mais une musique témoignant redoutablement d’un présent actuel et contemporain. Du Death, du Heavy, du Post Rock, du Death mélodique, du Grind, de l’avant-gardisme, de l’expérimental, des musiques progressives, du son affiliés à ces nombreuses scènes core, du Black innovant…
Disons aussi que les nombreuses formations coupables de l’objet ont le point commun le plus notoire est d’être français, ou du moins issus de pays francophones. Disons encore que si l’œuvre nous propose nombre de groupes à la renommée plus ou moins acquises, elle développe tout son intérêt lorsqu’elle s’attache à ceux qui, dans l’ombre, attendent un peu de cette lumière salvatrice. Naturellement il serait bien injuste de leurs promettre une notoriété future, et, incontestablement, tous ne le méritent pas ; mais c’est, aussi, grâce à cette mise en avant de musiciens plus méconnus que cette compilation prends du sens. Il appartiendra à chacun, selon ses propres gouts, de juger de la qualité de ces prétendants.
Décortiquons maintenant le premier volet de ce triptyque qui, selon moi, est le moins attirant. Composé des acteurs les plus avant-gardistes (Pin-Up Went Down par exemple) mais aussi des plus illustres (
Nightmare,
Kataklysm, Lyzanxia…), ils recèlent tous de même quelques bonnes surprises. Notons, par exemple, la présence du Death Brutal de Henker, qui s’il n’est pas nouveau demeure intéressant.
Les seconds et troisièmes volets, quant à eux, explore des tréfonds bien plus occultes et bien plus palpitants. Plus excitant, à l’image, par exemple, du Deathcore, certes, peu novateur mais éminemment séduisant, de Petroïska Larma, ou encore du mélange plaisant à la fois Heavy, Death et mélodique, d’un Sin Cera chantant en français, mais aussi à l’image du Post Rock Metal de What A Mad Universe, ou encore du Thrash de Always Fallen, ou du Metal Progressif de Kim’s Over Silence, ou entre-autre, du Black de Chasse Gallerie.
Finalement, il demeure difficile de se forger un jugement définitif sur un produit aussi diversifié et aussi imposant, cependant il serait étonnant de n’y trouver aucun plaisirs ou aucun motif de satisfaction.