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La Russie est prodigue de ses talents, on le sait. Ce ne sont pas les artistes qui manquent chez elle – et certain doté de qualités des plus rares – cependant c’est un fait que, au cours de son histoire, elle n’a eu de cesse de rabaisser ces gens là, et n’a réellement découvert leur talent qu’une fois celui-ci totalement et irrémédiablement gâché. C’est un paradoxe que l’on observe dans la vie de beaucoup d’artistes, mais il est historiquement prouvé que seuls les russes ont su le pousser à son paroxysme. Une fois qu’on a bien compris cela, on peut commencer à se pencher sur la scène metal russe.
Celle-ci est, personne ne le niera, particulièrement riche et foisonnante. Peut être pas dans le heavy ou le hard rock, mais de toute évidence les genres plus sombres exercent là bas une forte attraction ; il n’est donc pas particulièrement étonnant que la scène pagan soit assez développée. Des groupes tels qu’
Arkona ou
Varg n’ont pas eu de mal, suite à leurs tournées, à se tailler un nom à l’échelle européenne.
Si
Alkonost ne s’est jamais, à ma connaissance, offert semblable publicité, c’est bien regrettable ; car le groupe gagne à être connu, et n’aurait aucune peine à se faire connaitre et apprécier par d’autres que les « spécialistes » en black folk ou en pagan.
Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter ce
Songs of Eternal Oaks, tout premier album du groupe, car pour une première production, grande sont les qualités qu’il révèle. Il n’apparait même pas déraisonnable de les mettre sur le même plan qu’un
Windir, tant grande est la qualité des ambiances qu’on y découvre, et qui n’auront pas de peine à submerger l’auditeur.
Assez peu de clavier, et situé en générale à la fin des chansons ; en revanche un énorme travail des guitares ; les soli sont omniprésents, en mid tempo la plupart du temps.
Le chant est essentiellement black, avec parfois quelques passages de chant d’ambiance « claire ». Ceux-ci auraient cependant gagnés à être plus travaillés, notamment au niveau de l’intonation, qui manque un peu de conviction. Des voix un peu plus graves auraient peut être également été plus adaptées.
Des sons d’ambiances également, par-ci par-là : bruit de pluie, du vent, grondement du tonnerre… Rien de très originale, mais bien utilisés et sans excès la plupart du temps, et contribuant à l’ensemble de façon efficace. Il n’y a que sur la dernière chanson, où l’enregistrement d’orage durant cinq minutes est nettement excessif.
Des petits défauts donc, mais qui ne nuisent nullement à la cohésion de l’ensemble, ni à la qualité de cet album, assez court au demeurant (six chansons, 25 minutes au total).
Au fait, pourquoi les russes réussissent-ils si bien dans le viking metal ? Eh bien, n’oublions pas qu’eux aussi ont des origines vikings… Plus précisément, ce sont les vikings qui, au cours de leurs voyages, remontèrent les grands fleuves russes et fondèrent les premiers royaumes. Ils en constituèrent l’aristocratie, et leur esprit imprégna durablement la culture russe…