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Chroniques :: Chronique de Thunderstone

Chronique de Thunderstone

Thunderstone  - Thunderstone (Album)

Pas encore foudroyant



La Finlande a le chic pour produire des groupes que l'on pourrait affubler du label "pays d'origine contrôlée" tant ils ont tendance à tous avoir des particularité similaires, soit dans le jeu de batterie, soit dans la façon d'agencer les choeurs, soit dans la dualité guitare/clavier, soit encore dans le son du clavier qui peut rapidement devenir horripilant. Thunderstone n'échappe pas à cette règle, même si le guitariste Nino Laurenne, instigateur du projet, vient de la scène thrash. Et cette appartenance ethnique clairement affichée fait parti du jeu, semble-t-il, dans ce domaine Stratovarius et Sonata Arctica étant les chefs de file.

Pour ce premier album éponyme, le jeune groupe ne cherche absolument pas à faire dans l'originalité. On se retrouve rapidement pris dans le schéma classique du heavy à la finlandaise : la guitare et le clavier se cherchent, se répondent, se défient lors de duels représentés par les soli, agissant dans une espèce d'osmose ici relativement bien réussie. Comme d'habitude, dans ce genre d'exercice, la batterie peut rapidement sembler monotone sur les morceaux rapides, où elle se contente de taper, taper, jusqu'à n'en plus finir, sans recherche particulière. En revanche, dès que Thunderstone rentre dans les mid tempos, le jeu de Mirka Rantanen s'étoffe et tend à s'enrichir pour le plus grand bien des morceaux.

On remarque aussi que le groupe a une approche quelque plus heavy que leurs aînés. Même si Let The Demons Free qui ouvre le bal ressemble beaucoup trop à du Stratovarius pour être honnête (il faut bien faire un appel du pied pour allécher les foules), Thunderstone développe progressivement une personnalité qui lui est propre même si l'arrivée du clavier fait sempiternellement ressortir les vieux démons de la Finlande. Parce que oui, la scène est riche, les groupes sont nombreux et ont explosé sur la scène internationale rapidement, mais au bout d'un moment, on vit dans une espèce de formatage du son qui fait que seuls ceux qui ont marqué leur temps ou qui sont réellement bons peuvent tirer leur épingle du jeu. Et avec ce disque éponyme, Thunderstone est encore un peu trop tendre malgré quelques sursauts d'indépendance bienvenus.

Autre défaut sur cet album : le chant. Pasi Rantanen est encore trop timoré et pas forcément décisif derrière le micro. Capable du meilleur comme du pire, il peine parfois à trouver le juste ton ou la bonne tessiture vocale et se fait lourdement seconder dans les choeurs, les rendant parfois disproportionnés par rapport au style de la chanson (Spread My Wings, final quelque peu décevant). En revanche, il s'en sort plutôt bien sur la reprise de Iron Maiden, Wasted Years, vu qu'il n'est jamais facile de passer derrière Bruce Dickinson.

On ne peut pas dire que ce premier album soit un coup d'éclat comme put l'être Ecliptica en son temps, mais il contient suffisamment de bonnes choses pour rendre son écoute sympathique. Thunderstone a encore des progrès à faire et doit s'affirmer un peu plus pour espérer alors percer : la concurrence est rude et à une époque où internet commençait à redistribuer les cartes, il était inconcevable de se contenter de bien faire en restant dans l'ombre des "maîtres". Mais le potentiel est là, au groupe de l'exploiter pour la suite.



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