Pour préparer la sortie de l'album Hellfire Club,
Edguy se fend d'un EP, King Of Fools, pour le représenter. Encore une fois, il convient de préciser qu'un morceau n'est jamais représentatif d'un opus complet, surtout quand il s'agit d'un single.
Helloween l'a prouvé à maintes reprises, en publiant des singles comme Future World, I Can ou encore Perfect Gentleman entre autres. Et oui, le nom d'
Helloween ressort une fois de plus lors d'une chronique traitant d'
Edguy, mais peut-on vraiment faire autrement face à ce groupe qui semble toujours reprendre là où le Keeper Of The Seven Keys Part II s'était arrêté ?
Parce qu'il convient de dire que la chanson
King Of Fools se range facilement à côté des morceaux d'
Helloween cités plus haut, avec des contours joyeux, au refrain facilement assimilable, même pour le crétin moyen. Une petite intro au clavier, un riff de guitare basique mais soutenu, le chant chevrotant de
Tobias Sammet et le tour est joué, on obtient le single idéal, capable de passer en radio (sauf en France). Un titre facile, simple, mais néanmoins efficace, qui passe tout seul, comme un suppositoire introduit dans le bon sens.
Pour étoffer cet EP,
Edguy propose alors quatre titres qui ne figureront pas sur Hellfire Club, donc du tout bénef pour les fans qui pourront voir en ce King Of Fools le complément logique et indispensable à l'album. Cependant, le groupe ne fera jamais vraiment parler la poudre. Et limite, on comprend pourquoi ces morceaux ont été écartés de l'album. Toujours faciles d'accès, ils se balancent continuellement entre le heavy metal à la teutonne, très "Helloween" dans le style, bien sûr, mais toujours avec cette recherche du refrain qui se grave automatiquement dans l'esprit. Ce n'est pas un mal en soi, mais à force, cela devient saoulant, surtout quand cela devient systématique. Comme si le groupe n'osait pas sortir de sa réserve et qu'il craignait de surprendre ses fans adeptes de cette forme de spontanéité. Mais à force de faire des effets de style, on se retrouve rapidement à devenir très prévisible et le fait que l'on ne trouve pas forcément à chaque fois l'étincelle qui faisait de Theater Of Salvation un album très efficace devient vite frustrant. Le comble du ridicule étant atteint sur
Life And Times Of A Bonus Track, sur lequel Tobias Sammet entre dans la peau d'un titre bonus figurant sur une édition japonaise pour signifier l'inutilité de ces pratiques. Rigolo trente secondes, mais guère plus.
Bref, King Of Fools est à prendre pour ce qu'il est : un EP servant d'amuse-gueule avant l'offrande plus musclée que sera Hellfire Club. Pas de quoi se taper le cul par terre, tout juste de quoi ravir les fans et les collectionneurs qui eux, de toute manière, y trouveront leur compte. Mais il est toutefois assez alarmant de constater à quel point
Edguy sait se prostituer en se livrant ainsi à la facilité...