Goethes Erben est un OMNI (Objet musicale non identifié). A tout point de vue. Chez l'immense majorité des gens, il n'inspirera qu'un ennui profond, et ne causera qu'un désintérêt total, peut être assorti d'une morne apathie. Mais en ce qui me concerne,
Goethes Erben représente un aboutissement. Celui du romantisme sombre de l'homme dont le groupe revendique l'héritage, de sa poésie sombre et mélodieuse, ponctuée de manifestations de multiples sentiments : la tristesse, parfois sombre, parfois désespérées ; la nostalgie du bonheur ou du rêve ; et le songe lui même surtout, la rêverie...
Non, il m'est impossible de résumer
Goethes Erben avec des mots ; tout simplement parce qu'il n'y a pas de comparaison possible entre leur poésie et la mienne, ou ce qui m'en tient lieu. C’est une musique sombre. La voix est tantôt dure et froide, tantôt tremblante et désespéré, tantôt vibrante de vie. Le chanteur réveille les passions, puise au fonds de lui-même les émotions, les transpose dans son chant, ou plutôt son murmure. La musique l’accompagne, douce, vibrante, le soutient : la musique n’est-elle pas la consolation de l’homme, son soutient ; n’est-ce pas pour ceux la que tant de gens y ont voués leurs vies, ont explorées tant de voies différentes et si opposées ? Qu’ont en commun les multiples styles de metal, si ce n’est justement d’avoir mis cette recherche au dessus des préjugés, de TOUS les préjugés, y compris de ceux des metaleux eux même ?
Mais revenons à
Goethes Erben. Très honnêtement, on ne peut pas dire que leur musique ait grand-chose à voir avec du metal, mais il fait partie de ces groupes de darkwave auxquels bon nombre de metaleux sont enclins à rendre un culte, à l’image de
Sopor Aeternus,
Dead Can Dance,
Das Ich… C’est pourquoi on peut juger qu’il a parfaitement sa place sur metalship.
On est cependant loin d’un désespoir à la
Sopor Aeternus. Là, il s’agit d’une poésie élégante et sombre, ironique parfois, imprégnée de souvenirs de cette ancienne culture allemande, raffinée et aristocratique, qui fut éradiquée par le nationalisme germanique. Un souvenir d’un autre temps qui n’en rends
Goethes Erben que plus déroutant. En fait, décrypter leur musique est presque impossible ; trop de choses s’y mêlent, trop d’anciens souvenirs qui surgissent brutalement au milieu des influences modernes. On en est réduit à l’accepter telle quelle.
En fait, tout tourne autours du chant, si on peut appeler cela un chant. En fait, souvent cela relève plutôt du monologue. Point n’est besoin de comprendre les mots pour comprendre les idées qu’ils portent, tant il sait se faire expressif. Sur Vermisster Traum ou Glasgarten par exemple, oil semble que le chanteur est en train de nous conter sa rêverie éveillée ; musique et paroles coulent de façon fluide. Nicht Bleib Wie es War ou Mensch Sein, en revanche, semblent chargées de colère, les mots sonnent dures et lourds comme seul la langue allemande sait l’être. Parfois majestueux, parfois chargée d'angoisse, parfois de haine, le chant est le fil conducteur que l'on suit à travers les méandre musicaux de
Goethes Erben.
Un album étrange, que l'on pourra juger magnifique ou insipide, génial ou sans intérêt, ou peut être totalement incompréhensible. Néanmoins, l'expérience est à tenter...