Les américains d'Abdicate pourrait bien devenir une des révélations les plus intrigante de leur pays, sans toutefois, pour l'instant, atteindre la renommé de leurs compatriotes de
Suffocation,
Dying Fetus, ou encore
Immolation. En une expression violente et barbare ponctué de breaks redoutable et de lourdeurs étouffantes délicieusement disséminées, ce nouveau venu nous propose d'explorer les abysses putrides d'un Death Brutal et technique symptomatique des contrées de leur pays. Cependant si les inspirations artistiques d'Abdicate prennent effectivement leurs sources dans cette univers créatif étatsunien, c'est, plus précisément, au cœur de cette scène New Yorkaise que s'enfonce profondément les racines les plus singulière qui les caractérisent.
L'histoire de cette formation débute en cette année 2008. Construite autour de Lewis et Brian à la guitare, Rich à la basse, Yeti au chant et Alex à la basse, l'entité ainsi né va très vite poussée des premiers hurlements dont les annales garderont une trace immuables sous la forme d'un EP, Relinquish the Throne, sortis la même année sur le label Sevared Records auquel on doit, quelques œuvres captivantes dont notamment le Murderous Acts of Cruelty de Peshmerga. Seulement un an après ce premier méfait, le groupe sort son album, Forged in Ruin, toujours ecore produit par la même maison de disque. Et Abdicate, sur cette œuvre, démontre déjà tout l'étendu d'un talent fort prometteur.
Au son d'une musique agressive, dont la brutalité est accentué par un sens remarquable de la nuance musical né de ces breaks et de ces mélodies plus pesantes et insalubres, Yeti et ses acolytes nous dévoilent leur conception délicieusement cauchemardesque de l'expression musicale. Baignée dans les viscères, les entrailles, la chair et le sang des massacres de congénères déjà évoqués, Abdicate nous propose rien moins qu'un délectable carnage. La démarche pourrait paraitre saugrenue tant elle n'a rien de fondamentalement nouveau, toutefois le groupe tente de perpétuer son propre carnage. Car, en effet, outres ces similitudes musicales évidentes inspirées par une appartenance culturelle natales (Pyrexia,
Malevolent Creation,
Suffocation,
Immolation...), outres celles, plus succinctes, inspiré plus lointainement (
Cannibal Corpse) et, outres, celles résultat d'un lien de parenté vocale (
Napalm Death), Abdicate aura su, remarquablement, s'imprégner avec suffisamment de subtilité de toutes ces influences pour en retranscrire une vision superbement effroyable qui lui est propre. Et ainsi comment rester indifférent à ce Death Brutal terriblement moderne, à l'imagerie gore, dans lequel s'exprime avec raffinement les teintes carmines délicieuses de break admirables, glauques et entêtants et de mélodies aux rythmes parfois pesants (les excellents Burden of Existence, Entangled in Darkness, Baptised in Fire, Forged in Ruin, Godless Vengeance ou encore, par exemple, Relinquish the Throne)?
Il convient également de souligner que certains des titres contenus sur cet album l'étaient déjà sur l'EP sortis précédemment. Toutefois, il est à noter, que les versions présentes sur ce dernier manifeste ont été retravaillées et réenregistrés pour l'occasion (Forged in Ruin, Relinquish the Throne et Argument of King).
Forged in Ruin est donc une œuvre admirable qui révèle les incroyables capacités de ces jeunes carnassiers que sont Abdicate. Nul doute que ces nouveaux tortionnaires américains n'en resteront pas là. Rien ne pourrait, d'ailleurs, combler davantage nos cruels esprits carnivores qui, s'ils sont rassasiés pour le moment, attendent avec une impatience non feinte, d'autres massacres. Bientôt. Peut-être...