Soyons franc : la carrière de
Tygers Of Pan Tang aurait tranquillement pu s'arrêter en 1983, les reformations qui ont suivi n'ont fait que discréditer un groupe qui aurait pu avoir le statut de culte tandis que là, il se colle l'image d'une espèce de parasite à son propre passé, qui vit sur une légende qui n'existe plus vu que le combo n'est plus que l'ombre de lui-même, avec très peu de choses à dire. Une formation qui écorne elle-même son image auprès des vieux fans et qui ne parvient pas franchement à renouveler sa fan base.
NOises From The Cathouse débarque dans une espèce d'indifférence générale. Le marché de
Tygers Of Pan Tang peut se résumer au Japon, à l'Allemagne, espèce de cercueils dorés pour ce genre de formations sur le déclin, dont quelques résistants de la NWOBHM. Les tigres ont encore changé de chanteur et c'est un certain
Richie Wicks qui hérite du micro. Ce dernier ne se débrouille pas si mal, mais son chant est-il adapté au style de
Tygers Of Pan Tang ? On peut se poser la question, il semble avoir tout compris de David Lee Roth et de Ted Nugent, mais face à ses prédécesseurs, tient-il la comparaison ? Rien n'est moins sur, car à l'instar de la musique distillée ici, la voix n'est pas des plus motivantes.
De heavy metal, il en est vaguement question. Ce n'est pas franchement lourd, ce n'est pas franchement épicé, ça ne speed pas vraiment. On tire plus vers le rock et le hard rock, mêlés au gréé des morceaux qui sont longs, longs, beaucoup trop longs parfois. Les enchaînements se font souvent de manière maladroite, faute à des breaks pas franchement réussis. Où est passée la concision flatteuse d'un Spellbound ? Quand les morceaux, courts et racés remplissaient leur job vaillamment et pouvaient même se permettre de donner des sueurs froides à
Iron Maiden ?
Et rapidement l'ennuie s'installe face à ces dix morceaux poussifs, qui s'étirent inutilement sans jamais réellement briller, à de trop rares exceptions près (
Boomerang, qui se laisse écouter malgré des enchaînements assez bancals,
Bad Bad Kitty assez bien foutu et assez courte pour ne pas se perdre en chemin). On se demande l'intérêt d'un tel disque, en plein coeur de cette première décennie des années 2000. Nous sommes loin de la panacée face à cet album de hard rock désuet et vaguement passéiste malgré une certaine volonté de coller à l'époque. Juste une petite volonté, histoire de dire que. Parce que mine de rien, le son d'un modem 56 k en plein milieu d'un titre, ça pouvait faire effet en 1995...
Tygers Of Pan Tang a les crocs salement émoussés. Entre ses délires à la
Van Halen et son envie de recoller vaguement à un passé plus glorieux, il n'y a pas grand chose à retirer de cet album sans prétention. Ceux qui ne connaissent pas le groupe doivent impérativement passer leur chemin pour se concentrer sur au pif, Spellbound qui reste et restera à jamais leur chef d'oeuvre. Noises From The Cathouse n'est qu'un reflet déformé par un miroir ébréché, mais il ne peut en rien caresser la gloire de jadis et il ne peut rivaliser avec la concurrence. Sacré constat d'échec.