Fuck God-Disease Process, le dernier opus d’
Otargos avait un peu déçu les fans de la première heure… Un album un peu trop lisse, sans réelle saveur, un dvd bonus qui montrait une bande de bons vivants « on the road », bref : de quoi éloigner les derniers puristes qui accordaient de l’importance au groupe…
Paradoxalement, c’est aussi l’album qui aura permis groupe d’avoir une reconnaissance plus étendue et qui a donc permis au nom
Otargos de circuler fièrement dans l’hexagone.
Mais attention, les français n’avaient pas encore dit leur dernier mot. Et ils viennent le prouver en revenant avec un tout nouvel album, à peine un an après la sortie du précédent disque. Le titre est clair : No God, No Satan. Un titre qui affirme une fois de plus l’athéisme cynique colporté depuis les débuts du combo.
Mais une fois de plus,
Otargos cumule les paradoxes. Tandis que le ‘Religious’ Black Metal bat son plein, lui,
Otargos, affirme sa négation du divin. Mais là où le paradoxe est encore plus poussé, c’est que nos français reprennent en partie le ‘son’ qui caractérise ces groupes orthodoxes. Ainsi, on retrouve les arpèges disharmoniques de
Deathspell Omega ou de
Watain, le tout légèrement saupoudré d’un emprunt à Stormnatt. Sans compter les atmosphères à la fois ambiantes et démoniaques qui parsèment l'album.
Mais là où les détracteurs attendaient
Otargos au tournant, le groupe arrive à faire peau neuve avec une musique fraîche, sombre et variée. La linéarité abusive de l’avant dernier opus ne laissait rien présager de bon, au contraire, on voyait son avenir encore plus stagnant. Et finalement, l’auditeur est surpris par un son à la fois moderne et puissant, parfois aux limites de l'indus, il est surpris par ces passages presque ambiants comme
Cuiusvis Hominis Est Errare ou d’autres éléments presque ritualistes, puis reviennent des titres carrément plus chaotiques et froids.
En clair,
Otargos signe-là un album qui contient tous les éléments pour faire un bon disque de Black Metal, avec des atmosphères pesantes, des morceaux angoissants et lourds, etc.
Et si on s’attendait à un album trop linéaire,
Otargos propose du rebondissement tout en restant dans une homogénéité certaine. Car dans son ensemble, No God, No Satan sonne comme le renouveau d’un groupe que l’on n'attendait plus. Ceux qui avaient aimé Fuck God-Disease Process seront des inconditionnels de ce nouvel opus. Et ceux qui avaient perdu de l’intérêt pour le groupe le retrouveront bien vite en posant une oreille sur cette galette. Et pour ceux qui ne connaissaient pas, le seul conseil est de découvrir
Otargos avec No God, No Satan, tout simplement.