Faisant partie de ces élus des terres d’Israël,
Melechesh fait incontestablement partie des piliers de la scène orientale, et ce depuis ses débuts en 1993 ! Après quelques histoires avec la justice locale, les membres du groupe ont dû s’exiler dans des pays plus propices au développement du Metal extrême comme les Pays-Bas ou les Etats-Unis et même la France. Mais sans oublier ses racines,
Melechesh (Dieu du Feu en hébreux) continue de jouer une musique mystique, baignée dans la mythologie de sa terre d’origine, le tout sauvagement arrosé de Black Metal aux légères touches orientales.
Après le succès international de disques comme Djinn ou Emissaries, autant dire que The Epigenesis (prévu pour le 1er Octobre) était attendu ! Après quelques années de bons et loyaux services sous la bannière d’Osmose Productions,
Melechesh fait désormais sa croisade sous l’étendard international de Nuclear Blast ! Et comme le label n’est pas connu pour son manque de moyens, le son est forcément à la hauteur !
Après quelques notes, on retrouve toute la hargne et le savoir-faire personnel de nos israéliens. Le son est carrément plus massif que sur
Sphynx. Dire que l’on reconnaitrait le groupe entre mille serait une erreur parce que la stagnation n’est pas du tout le maitre mot de ce nouvel opus. Les plus accros auront évidemment reconnu la personnalité propre de ce groupe hors du commun, mais la qualité des compos se trouve encore un cran au-dessus ! Les éléments folks et orientaux sont un peu moins présents que par le passé, mais ils sont désormais repris par des guitares bien saturées qui s’essayent à des rythmiques traditionnelles comme en témoigne
Sacred Geometry par exemple. L’effet est garanti, c’est évident ! On se prendrait à headbanguer sur du gros Metal aux rythmes et mélodies arabisants et c’est aussi ce qui fait la force du groupe !
On notera aussi une présence plus variée du chant. Alternant chant Black, chœurs et quelques parties de chant clair, The Epigenesis prend ainsi bien plus de relief.
Chacun des titres est travaillé avec une attention toute particulière et l’auditeur n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer. Une approche parfois plus Thrash de certains morceaux (The Magickan And The Drones) viendra conférer la puissance qu’un tel album doit avoir ! Mais sans pour autant mélanger les styles en une sauce immonde,
Melechesh arrive à conserver un fil conducteur entre ses mélodies orientales et la violence exacerbée du Metal Extrême. Et malgré une certaine richesse dans les compos, on ne tombe jamais dans le progressif trop chiant. Et on pourrait même dire qu’un petit côté primitif demeure après toutes ces années, rendant le produit final assez bestial, contre toute attente. Ce côté sauvage est créé par ces guitares incisives et presque martiales, lourdes que l’on retrouve sur Mystics Of The Pillars qui arrive à changer la donne grâce à des atmosphères mystiques et envoûtantes.
En résumé, depuis ses débuts,
Melechesh n’a rien perdu de sa superbe. Les israéliens allient à merveille un Black Metal assez sale à des éléments plus lisses, plus classieux pour un rendu des plus étonnants ! Un rendu qui invite au voyage mais aussi à la peur et une soif de connaissance de ces mythologies peu populaires par chez nous.
Avec un son massif, taillé dans le roc,
Melechesh ne décevra pas ses fans de la première heure, et au passage, il assoit son statut de groupe culte des terrains éloignés d’Israël, même si, rappelons-le, le groupe n’y vit plus à cause de sa musique jugée trop extrême et dangereuse…