Non lâchez-moi! Lâchez-moi! Les gens doivent savoir! Le monde doit être mis au courant! C'est un imposteur! Ce n'est pas
Linkin Park! Ecoutez-moi! Ecoutez-mo...
Note 1: Ce qui va suivre est le début d'une bombe. Ce que vous allez lire ne doit pas être connu des forces impériales de la musique. Mettez au courant votre entourage. Si on vous interroge, niez tout en bloc, il n'y a pas de documents, pas de révélations, pas de sources. J'ai retrouvé le journal de ce malheureux matraqué à la TV. Ne vous demandez pas comment. Il est en ma possession, et il est porteur d'un message: le dernier
Linkin Park est une merde. Une merde atomique, comme le suggère son thème.
Note 2: A méditer: on vous vend de la merde, le monde est de la merde, et surtout le monde de la musique. On vous construit des moules que l'on beurre d'insipidité et vous rentrez dedans, prêt à cuire. Après cuisson, vous vous faites bouffer, mais il reste un peu de vous sur les parois du moule, du coup, on se rappelle du goût, on retente la recette. A thousand suns c'est un peu la grosse margarine du pauvre annoncé comme étant du beurre demi-sel fermier breton. Et certains pensent que c'est toujours mieux que de bouffer des pâtes sèches. Soit. Et des pâtes enroulées de scrotum ça vous branche? Je pense que non. Aiguisez votre palais, même s'il n'est pas utile d'être fin gourmet pour sentir une pointe d'acidité.
Minutes to Midnight était une pompe à fric, A thousand of suns a le mérite d'être autre chose, car il se situe quelque part entre le commercial et l'underground. Oubliez le format radio,
Linkin Park a choisi de produire quelque chose de profondément Electro/Pop à tendance Rap/R'n'b, et donc de s'écarter de la Pop pure moisie servie avec son précédent essai. Nul risque de retrouver
Linkin Park dans un Hybrid Theory 2 - ce qui ne serait pas intéressant soit disant - tant le combo s'est aventuré et perdu dans un trip que même Jack Lang ne pourrait comprendre. Digérez cela, et lisez la suite.
Note 3: Vous êtes prêt à entendre la triste démonstration du prophète - qui doit être mort à l'heure qu'il est - quant à A thousand shits? Notons plusieurs choses:
1) L'album ne comporte réelement que neufs morceaux, le reste n'étant qu'interlude (six) ce qui fait peu et beaucoup en même temps.
2) Chester a disparu, à entendre par là qu'il a laissé sa place à Mike plus encore que de coutume. D'un côté tant mieux, le chanteur s'est fait mielleux à la place de violence (citons pêle-mêle "Iridescent", le laxatif) mais de l'autre, Mike s'est assagi.
3) Les interludes auraient pu faire croire à un album excellent tant elles peuvent apparaitre mystérieuse ou travaillée ("The Requiem"et "The Radiance" surtout).
Pour le reste, beaucoup de choses peuvent relever du goût.
Linkin Park semble s'être enfoncé dans une musique mélangeant toutes les tendances majeures du moment, jusqu'à donner un résultat travesti. Le single "The Catalyst" est véritablement une des plus mauvaises choses qui soit arrivée à la formation depuis "Shadows of the day". On ne pouvait y croire, ils l'ont fait. Les guitares n'existent plus, seuls résonnent une batterie enregistrée sur Audacity, des claviers qui détrônent les années 80 sur le plan du mauvais goût et surtout des mélodies faciles faites pour rameuter les foules ou les faire fuir, histoire de ET rassembler la masse ET tenter une approche du côté des amateurs de l'électro expérimentale. L'essai pourrait paraitre intéressant, et il l'est en partie, quand
Linkin Park cherche des choses plus originales, malheureusement super mal exploitées ("When they come for me", au chant Rap et aux sonorités purement Electro aurait pu être la bonne, mais elle berce dans le trop vide, à mi-chemin entre Jay-Z et 50 Cent) ou pseudo-atmosphériques ("Robot Boy" et son solo de clavier à la Jean-Michel Jarre version sans idées). Ceux qui cherchent le
Linkin Park plus violent retrouveront un Chester plus énervé sur "Blackout" qui transpire quand même le moisi tant ses lignes de chant clair sont mauvaises, son rythme plat et son break foireux.
Note 4: Retenez bien cela:
Linkin Park est mort.
Linkin Park n'est plus. Il a évolué dans ce que les musiciens voulaient (et ça fait peur) et peut être dans ce que le public voulait, un truc sur lequel bouger en boite. Et encore! L'objectif risque bien d'être compromis. L'idée de changement est toujours bonne à prendre chez un groupe, mais là c'est de trop. Minutes to Midnight était bien le début de la fin annoncé. Si vous n'êtes pas convaincu, alors attardez-vous sur A thousand suns, qui, à défaut d'être érigé en héros, pourra être magnifié comme monument au mort, à la mémoire du possible grand groupe au seul grand album et exemple de ce que l'on peut rater dans sa vie.
Et n'oubliez pas: Fuck le profit facile. Ce que vous avez lu n'existe pas.