Après un bilan mitigé avec leur premier album, les barbus de Kingdom of Sorrow reviennent plus hargneux que jamais avec Behind the Blackest Tears. Beaucoup trop proche de leurs origines « Crowbreedienne » avec l’éponyme, les gaillards ont eu à cœur de marquer cette nouvelle galette en personnalisant le side-project. A noter : les départs du guitariste Steve Gibb (ex-Crowbar), trop occupé à la gestion de sa nouvelle salle de sport, et du batteur Derek Kerswill , remplacé par les frères Bellmore.
Donc, cette fois-ci, finit le plagiat des grands frères et place à une musique plus authentique, ou tout du moins plus personnelle, toujours dans un esprit typiquement sludge/hardcore. Il faut tout de même avouer qu’il serait bien difficile de ne pas reconnaître au fil du disque la patte de Kirk Windstein (et donc de
Crowbar). Tout cela est agrémenté par des expérimentations, à l’image du titre d’ouverture « Enlightened To Extinction », où l’on entend un Jamey Jasta chanter et non hurler.
Barbe Rousse avait déjà tenté cela sur
Hatebreed et le titre In Ashes They Shall Reap. Seulement ici, les conseils de monsieur Windstein ont porté leurs fruits et on sent le grogneur du Massachussetts un peu plus à l’aise dans cet exercice. Si cela peut paraître périlleux pour Jasta, Kirk Windstein démontre à cœur ouvert ses talents vocaux sur « From Heroes To Dust ». Un morceau intime, écorché vif – un peu à la manière de The Lasting Dose de
Crowbar –, laissant apercevoir une douleur amère et impérissable. En revanche, KOS n’oublie pas ses compos « in your face » au placard. « With Barely a Breath » ou encore le morceau « Behind the Blackest Tears » sont des mammouths sonores, à l’esprit hardcore, au son heavy et au groove imparable.
L’écriture des chansons a été soignée, voire surprenante. Bah oui,
Hatebreed est loin d’être un groupe virtuose pour lequel la technique prime sur l’efficacité,
Crowbar, n’en parlons même pas. Alors à l’écoute de parties solistes, Charlie effectue ces performances car Windstein n’aime pas ça.
Il est clair et net que nous n’avons pas affaire à l’album de l’année. Néanmoins, l’intérêt pour le groupe est grandissant et ce serait une erreur de passer à côté du package offert. Comparé à son premier brulot, il n’y a pas photo, ces mecs là ont les moyens de faire quelque chose de « big ». Malgré des approximations, surtout suivant la linéarité des titres, KOS devrait attraper la perche qui lui est tendue. Surtout que le groupe a confirmé sa deuxième participation au Ozzfest cette année. Pour enfoncer le clou, il suffirait d’une tuerie, aucun secret.
En attendant, Behind The Blackest Tears rassasiera les fans de son lourd et foutra une mandale aux non-initiés. Parce qu’il faut bien l’avouer, cet opus en fout un coup de la première à la dernière seconde. Jugez-en avec ce titre punk/hardcore clôturant l’opus, « Salvation Denied ».