The Time Of The Oath a permis à Helloween de se remettre sur de bons rails et il semblait important de confirmer ce retour des choses par un album live, le deuxième de leur carrière après un
Live In The UK un peu décevant de par sa set list tronquée. Aussi, High Live sort la même année que The Time Of The Oath, témoignage d'une année chargée. Helloween tournait alors avec
Bruce Dickinson qui défendait son
Skunkworks. Quand un ex-
Iron Maiden ouvrait pour un groupe qui a souvent eu en charge de chauffer le public avant la Vierge de Fer...
High Live est un album courageux du fait qu'il se concentre principalement sur les deux albums avec le vocaliste
Andi Deris,
Master Of The Rings et The Time Of The Oath donc, faisant l'impasse sur certains classiques du groupe et ignorant totalement le
Walls Of Jericho. Finalement, ce n'est pas plus mal. Deris n'est pas encore à l'aise avec le répertoire assuré par
Michael Kiske et cela s'entend parfaitement (Eagle Fly Free, de titre très attendu, devient limite une épreuve car le chanteur se met en mode "je suis là, c'est moi derrière le micro, mais ça passe ou ça casse". Autrement dit, le mode pilotage automatique.
Mais quand il s'agit des morceaux des albums auxquels il a participé, il se montre impérial, frontman convainquant à défaut d'être aussi remuant qu'un Kiske. Vocalement, il transporte les morceaux les plus rapides (Before The War, We Burn) et s'impose sur les mid tempos énergiques (Wake Up The mountains, Why...). Il assurera également la ballade In The Middle Of A Heartbeat seul, armé d'une guitare acoustique.
Mais le reste du groupe n'est pas en reste.
Markus Grosskopf est toujours aussi imposant derrière sa basse, assurant une section rythmique efficace avec
Uli Kusch (qui lui se manque également sur Eagle Fly Free),
Roland Grapow assure le spectacle avec des postures à la
Yngwie Malmsteen (visible sur la vidéo) tandis que
Michael Weikath est à son habitude : peu souriant, peu remuant, cloppant, mais faisant son travail avec justesse. Les soli sont bien servis, partagés par les deux compères, l'interprétation des titres est très correcte, mais pas sans faille. On a affaire à un groupe qui a la volonté de s'en sortir, de se sentir débarrassés de cette image de looser qui leur collait encore à la peau. Helloween y arrive presque. Il gagne un peu plus le respect des kids sans convaincre totalement les foules.
A noter que le livret d'origine est bourré de coquilles et d'erreurs quant aux compositeurs des chansons. Une erreur imputable à la maison de disque qui n'a pas vraiment bien fait son boulot.
Helloween propose donc un album live correct, mais qui ne restera pas dans les annales. Il est cependant un bon reflet d'une époque difficile pour le groupe.