Depuis quelques temps,
Edguy avait pris l'habitude de précéder ses albums par un EP et Rocket Ride ne fait pas défaut à cette tradition toute neuve vu qu'il est précédé par ce Superheroes à la pochette un brin ridicule. Plutôt que de publier un single rapidement introuvable, le groupe préfère utiliser le format de l'EP histoire que les fans en ont pour leur argent, avec six titres dont un seul figurera sur le disque à venir. Belle initiative, mais il faut aussi voir à ne pas trop se reposer sur ses lauriers et proposer un produit qui vaille réellement le coup. Ce qui n'est pas le cas de ce Superheroes.
Edguy version superslips, ce n'est pas franchement ce qu'il y a de plus réjouissant. La chanson titre est dans la lignée des singles précédents, c'est à dire un mid tempo à la mélodie accrocheuse, un peu pop dans l'esprit avec un refrain comme
Helloween en pondait à la pelle à la grande époque des Keeper Of The Seven Keys. Ici, on dirait juste une espèce de copié-collé de
King Of Fools qui avait servi à introduire Hellfire Club, le précédent opus des teutons. Nous sommes en terrain connu, il n'y a rien de bien nouveau à se mettre sous la dent. Tout juste si l'on remarque une orientation possible quant à ce que sera Rocket Ride.
Les différents titres s'enchaînent sans réellement apporter une quelconque satisfaction. On a l'impression de se heurter à des chutes de studio des précédents albums, la patte du groupe étant tout de suite identifiable, entre heavy joyeux et compositions plus osées, voire épiques.
Tobias Sammet chevrote toujours autant, au point d'en devenir agaçant, mais surtout, ce qui ressort le plus de l'écoute de cet EP, c'est une espèce d'agacement pour l'auditeur. Parce que l'on commence à être habitué à certains gimmicks, que ce soit avec
Edguy ou
Avantasia, le side-project de Sammet et il est donc du coup à peine étonnant de retrouver
Michael Kiske en guest sur
Judas At The Opera, la pièce épique de la galette. On savait l'ancien chanteur de
Helloween fortement impliqué dans
Avantasia, on le retrouve sur
Edguy, lui qui avait juré de ne plus faire de metal. Enfin bon, faut bien payer ses impôts et ce qui aurait été une bonne surprise dans d'autres circonstances apparait comme une évidence, comme si
Edguy devait encore prouver qu'il devait beaucoup aux Citrouilles.
On retrouve aussi une reprise de
The Spirit, originellement interprétée par les Britanniques de Magnum et il convient de constater que même si
Bob Catley a pris de la bouteille et l'a certainement trop tutoyée, il est difficile de passer derrière lui et il y a de quoi rester dubitatif. La version soi-disant épique de Superheroes n'est autre qu'une adaptation du titre en acoustique, lente et qui n'apporte rien de plus à l'équation assez instable de cet EP.
Sans être un puits sans fond, ce disque n'est pas franchement motivant même s'il ressemble à un jeu d'association d'idées (Kiske chante sur
Avantasia ? Faisons-le chanter sur du
Edguy.
Edguy reprend du Magnum ? Invitons Catley dans
Avantasia. Il y a de quoi passer un bon moment comme il y a de quoi s'ennuyer face à un manque de renouvellement évident, le principe de répéter une formule qui lasse s'avérant lassant à la longue. Batman, Superman et consort peuvent faire régner la justice tranquillement, ce ne sont pas ces superslips là qui leur feront de l'ombre...