Alice Cooper remontait lentement la pente. Le succès recommençait à lui sourire timidement et pour que la fête soit plus folle, il fallait que ce sourire soit teinté du rouge de l'étouffement. Aussi, Furnier s'allie avec le Midas
Desmond Child qui une fois de plus prouvera que ce qu'il touche se transforme en or ou en platine selon le cas.
Avec un tel choix, inutile de chercher bien loin l'orientation du nouvel album d'Alice Cooper. Là où les deux premiers renouaient avec un hard rock direct flirtant gentiment avec le heavy metal par moment, Trash pioche allègrement dans le hard FM cher à
Bon Jovi. Le type d'album fiesta où les invités sont nombreux et pas n'importe qui, siouplait, mais tout le gratin de la scène hard rock/FM de la fin des années 80 comme la quasi-totalité du groupe
Aerosmith,
Ritchie Sambora et
Jon Bon Jovi (
Bon Jovi, logique),
Steve Lukather (
Toto),
Kip Winger (
Winger) ou encore
Kane Roberts... Du beau monde, donc.
L'album, quant à lui, est tout simplement tubesque. Avec Desmond Child, comment peut-il en être autrement ? Ainsi, on se retrouve avec le single miracle Poison qui est une véritable réussite avec son opposition avec des couplets très simples qui laissent place à un pré-refrain endiablé et à un refrain efficace. Une monstruosité alléchante. Le reste n'est pas exactement dans la même veine. Cela reste entraînant (House Of Fire, Bed Of Nails), il y a des ballades qui tiennent bien la route (Only My Heart Talkin', Hell Is Living Without You), mais rien qui n'arrivera à faire oublier l'énergie communicative de Poison. A l'instar d'un Bohemian Rhapsody pour
Queen, ce sera l'arbre qui cache la forêt. On ressort de cet album avec un seul air en tête : Poison. Ou l'efficacité faite chanson.
Cependant, Trash est un album qui ne plaira pas à tous les publics. Ceux qui ne jurent que par le Cooper du début des années 70 vont faire la gueule; Ceux qui n'ont jamais compris l'attrait de la scène glam, hard US/FM passeront également à côté, préférant se réfugier sur des valeurs plus sûres. Oui, Alice Cooper sait se montrer opportuniste, mais cet opportunisme lui a permis de traverser quasiment quatre décennies et d'être toujours présent. Il a su s'adapter aux différentes modes et parfois, en tirer le meilleur. Trash est un excellent album de hard FM, mélodique, soigné, bien produit. On est loin d'un
School's Out par exemple, mais pourquoi bouder son plaisir quand on se trouve avec l'un des classiques du genre, même si de premier abord c'est loin d'être le disque le plus honnête de Mr. Furnier ?