En 1980, le hard rock avait la notoriété qu'on sait et se trouvait complètement submergé par la vague punk en plein foisonnement créatif . Pourtant à travers cette sombre époque où le rock décadent et outrancier se voulait plus violent énergique, un courant proposait une alternative au punk. Oui, on pouvait espérer et jouer ou écouter de la musique qui dégageait de l'énergie positive voire de la rage, une musique pêchue et optimiste, qui apportait du bonheur plus que du désespoir, tout en chantant les rêves d'une jeunesse issue du creuset industriel , des cités sidérurgiques de l'Angleterre, tristes et grises, mais sans message idéologique ou politique ; ce courant sans aucune revendication que prendre du plaisir à jouer et écouter sa musique était la New Wave of British Metal (
Iron Maiden,
Saxon et bien d'autres en firent partie).
Mais
Def Leppard est né en marge de cette vague , car bien plus hard rock que metal mais pas vraiment glam non plus. Ce qui qualifie principalement leur musique, c'est l'énergie sans violence et la mélodicité avec une racine fondamentalement rock qu'ils n'ont jamais reniée.
Def Leppard ce n'est pas du rock , ce n'est pas du metal , c'est presque du hard rock mais en moins violent que la majorité des autres groupes.
Après leur EP auto produit,
Def Leppard a acquis une petite notoriété locale et accède à l'opportunité d'avoir un producteur en la personne de Tom Allom; cependant le budget étant assez modeste, la production sera de qualité plus que moyenne avec un son sans relief; le côté artisanal n'est cependant pas dénué d'un charme désuet quand on réécoute cet album.
Finalement, peu captivé par la qualité du mixage, on s'attache directement aux compostions qui sont toutes d'inspiration rock'n'roliennes ( wasted) et laissent une part belle aux deux guitaristes , Steve Clark et Pete Willis; le jeu très caractéristique de Steve s'affirme déjà par des petits solis fort inspirés ( Answer the master) et la partie rythmique assurée par un des plus jeunes batteurs de la scène britannique, Rick Allen âgé de 16 ans et son comparse bassiste Rick Allen semblent bien en osmose déjà. Joe Elliott, également assez jeune tient sa place de façon honorable et convaincante même si l'amplitude n'a rien d'exceptionnel, la palette émotionnelle est prometteuse, des titres rock 'n roll aux plus hard en passant par les mid tempo ou balades comme Overture qui est un bon échantillon de cet album au final parce qu'il montre un peu toutes les facettes du
Def Leppard de 1980: une qualité mélodique indéniable, une énergie positive et la rage et la volonté de réussir à sortir de l'ombre annoncées par le fameux hello America, un clin d'oeil qui leur ouvre précisément le marché américain.
Cet album est a posséder pour tout fan, parce qu'il est empreint d'une certaine nostalgie à l'écoute et marque les prémices d'un groupe à la carrière qui a valeur d'exemple pour la tenacité face à l'adversité. Il témoigne aussi d'une époque dans un sens. S'il n'est pas une oeuvre majeure et recèle bien des défauts , il a la qualité et la fougue de la jeunesse, à posséder pour les curieux et amateurs du hard des années 80.