Quand on ne connait pas Psychopunch, la pochette de The Last Goodbye peut laisser songeur. S'agirait-il d'un groupe qui ferait du
Manowar en version gothique ? Blague à part, il faut plutôt pencher vers le Boulevard de la Mort de Quentin Tarantino parce que niveau son, on est bien plus proche du hard'n'roll qui tache avec de grosses influences punks. On est proche dans l'esprit des Hellacopters ainsi que d'une certaine manière, de
Motörhead pour le côté très incisif de l'ensemble même si les deux formations ne sonnent pas pareil.
Les productifs Suédois reviennent avec un album qui fait franchement plaisir à entendre. C'est direct, ça ne se prend pas la tête une seconde, c'est pas original pour un sou, mais ce que ça peut être jouissif. Il n'y a aucune innovation musicale, le disque aurait pu voir le jour depuis des années tant ce style semble intemporel mais il a un petit truc qui fait qu'on s'y accroche, ce petit son cradingue juste ce qu'il faut pour que ça ne sonne pas aseptisé, une voix éraillée qui est très efficace, ce côté punky qui n'est pas pour déplaire.
Une recette simple, donc, très rock'n'roll et roots dans l'esprit. Propulsés par des rythmiques bien appuyées, les morceaux viennent vous péter à la tronche sans trop d'état d'âme, même si ça sonne parfois de façon un peu répétitive, ce qui demeure l'inconvénient majeur de cet album. On se prend dix compositions carrées et musclées dans la face où les guitares mêlent des sonorités punk et rock dans une osmose réussie. Ainsi, un titre comme
She Don't Really Mind est tout simplement dévastateur avec son refrain assené comme autant de coups de butoir,
I'm Not Over You est presque aussi réussi dans le genre vindicatif,
Better Off Dead enfonce le clou d'une manière différente. Le groupe joue également sur les variations de tempos, accélérant quand le besoin s'en fait sentir pour mieux décélérer par la suite, en soignant toujours les refrains, véritables blocs gonflés par des choeurs discrets mais efficaces.
On pourra aussi reproché d'avoir choisi comme nom d'album The Last Goodbye, la chanson portant le même blaze étant une ballade sans trop d'intérêt, clairement le maillon faible de ce skeud qui avait tout pour être une bombe renversante. Une petite erreur tactique qui ne nuit en rien à la qualité de l'album, mais qui décevra quelque peu l'auditeur qui à ce moment s'attend à se prendre une claque magistrale à travers la face pour finalement passer quatre minutes à espérer une explosion qui ne viendra pas. Un peu comme un film français, quoi, on attend qu'il se passe quelque chose et le générique de fin arrive sans que l'on s'en rende compte.
Avec ce disque qui fonce à cent à l'heure, en une succession de chansons infernale, Psychopunch offre à ses fans un album soigné, mais bien court. Trente sept petites minutes et puis s'en vont. Mais à bien y regarder, la durée est parfaite car elle permet de bien canaliser l'énergie développée par le groupe ; plus long, The Last Goodbye aurait fini par perdre de son intérêt alors que là, il déménage, faisant de sa concision une force supplémentaire. Une bonne petite gifle, un album frais et jubilatoire, de quoi préparer la rentrée avec du baume au coeur.