Le retour avait été fracassant.
Killing Joke (l'album de 2003) était la preuve que
Killing Joke (le groupe) n'était pas mort. Pire, il bougeait encore. Pourtant ce n'était pas joué d'avance. Tout d'abord, la barre avait été placée haut. Pandemonium et Democracy, les disques du précédent retour, avoinaient bien. De plus, le style était différent. D'un post punk/new wave à du metal indus, il n'y a pas un pas mais plutôt un grand écart. Cet écart ayant été réalisé avec succès, LA question agitant les fans du sombre Jaz et de sa clique était claire. Ouatte aboie de reste, comme disent nos amis d'outre-Manche.
Heureusement,
Killing Joke n'est pas là pour faire jouer la pompe à fric. Disons, pour Hosannas, qu'il s'agit plutôt de continuer dans une lancée entamée avec
Killing Joke (2003). Pari gagné: le son organique et tribal, dans un style je-te-décrasse-les-cages-à-miel-à-coup-de-saturation porte l'album comme un King Kong avide de destruction en plein milieu de New York. Autant dire de l'efficace. Le disque contient son petit quotient de brûlots. This Tribal Antidote par exemple, est une invitation à secouer les cheveux énergiquement, couvert de peintures rituelles, comme un sauvage de l'Amazonie qui serait tombé sur Roots de
Sepultura. Avec sa petite dose de rock, histoire de ne pas oublier ses racines. Et on se réjouit toujours dans cette veine là avec la chanson Implosion, qui fait un peu le lien entre
Killing Joke (2003) et Hosannas.
Le groupe donne également dans du plus indus. Hosannas From The Basements Of Hell (la chanson), Invocation, Walking WIth Gods ou Judas Goat sont autant de massues données au King Kong lâché dans la Grosse Pomme que j'ai évoqué plus haut. Jaz Coleman, le chanteur, y est impérial, et déploie sur les riffs produits par ses camarades son aura noire. Le travail sur les arrangements est assez bluffant, et donne ce je-ne-sais-quoi d'envoutant.
Comme d'hab', on aurait presque envie de dire. S'il fallait faire des reproches, faisons-en, un groupe comme
Killing Joke peut les supporter.
1-Les riffs et le son semblent pompés à
Killing Joke (2003).
2-La classe vient de Pandemonium.
Voilà. Les deux albums précédemment cités étant proche de la perfection, on ne va pas briser les tibias de Coleman pour ça. Voilà aussi pourquoi cet album n'a pas le 10/10. Cela n'empêchera personne de l'apprécier, c'est juste que Hosannas ne sera pas unique, indispensable, culte. Le prochain le sera-t'il? Votre humble serviteur fait plus que l'espérer.