Voilà longtemps que l’on attendait la suite de Vastiia Tenebrd Mortifera ! On avait entendu dire que oktu cherchait quelques musiciens pour d’évenutels live, mais rien de vraiment officiel. Et pourtant, voilà que sans crier gare, Maledictiih voit le jour, faisant suite au précédent prestigieux album, monument dans la scène underground française.
Seulement, voilà,
Neige ne fait plus partie du groupe depuis un moment et il semblerait que Noktu ait continué seul l’aventure. En tout cas, rien n’indique la présence d’autres musiciens ou guests.
Suivant de près la sortie du dernier
Celestia, on se demande bien à quoi peut donc ressembler le nouveau bébé de Noktu dont la discographie est déjà plus qu’imposante si on prend en compte chacun des groupes auxquels il a participé !
C’est donc avec une certaine appréhension que le diamant de la platine vient creuser les sillons de ce Maledictiih pour enfin en entendre les premières notes. Et c’est avec un son de gratte qui ne nous est pas inconnu que Drame Macabre ouvre ce bal mortuaire. On reconnaît très vite le son caractéristique des groupes comme Mortifera ou
Celestia et on pourra même penser à
Peste Noire. Puis chacun des titres s’enchainera avec cette touche morbide dont Noktu a le secret. Mortifera n’a pas vraiment perdu son identité même si le chant ténébreux de
Neige manque considérablement, relayé par celui de Noktu. Et c’est justement son chant qui vient accentuer les ressemblances avec son autre projet
Celestia. Et il est vrai que certaines mélodies semblent tout droit sorties de l’univers Aristocratic Black Metal développé par le-dit groupe. Difficile donc de reconnaître directement la différence entre les deux groupes, même si avec une attention plus particulière, on se rendra compte que le vrai Mortifera est bel et bien de retour.
Ses mélodies sinistres, ses atmosphères poisseuses et ses ambiances décadentes accompagnent l’auditeur dans le tourment et la perdition. On regrettera toutefois le côté vraiment glacial qui était tellement prenant sur Vastiia Tenebrd Mortifera (grâce au chant de
Neige, ne nous en cachons pas). Mais on retrouve quand même cette touche « necro » propre au groupe, ce qui a fait sa renommée malgré une discographie assez faible et confidentielle. Et malgré une certaine richesse dans les compositions, on rencontrera avec regret quelques rythmes redondants un peu mollassons. Une batterie pas vraiment supersonique viendra alourdir le tout sans pour autant créer d’ambiances étouffantes comme ce fut le cas lors des débuts du groupe. Chaque ambiance est bien amenée mais elles pourraient encore plus suinter le malaise et la
suffocation, et quand on sait de quoi Mortifera était capable, on voudrait voir ce côté malsain et pervers encore plus poussé et développé.
Pourtant, Mortifera est bien de retour sur le devant de la scène. Le groupe a toujours suscité le mystère, l’étrangeté et Maledictiih vient montrer que cette entité mystique et sinistre est toujours là, tapie dans l’ombre depuis trop longtemps. Quelques titres comme Portail Sanglant ou Givre Nocturne sortent bien du lot, et malgré quelques similitudes avec
Celestia, Mortifera ne passera pas inaperçu dans les sorties underground françaises de cette année 2010.