Helevorn... Derrière ce mystérieux patronyme se cache une formation espagnole née en 1999 et qui pratique un Doom Metal aux relents Gothiques. Après la sortie d'une démo et d'un premier album, tous deux encensés par la presse internationale, nos voisins injustement méconnus ont entrepris en 2010 une véritable évolution, un pas de géant avec Forthcoming Displeasures, second opus des espagnols et à ce jour le plus abouti.
"From Our Glorious Days" ouvre le bal de la manière la plus magistrale qui soit. Lente, atmosphérique, prenante, telle est la musique de l'Helevorn cuvée 2010. Immédiatement, on reconnaît la patte du combo, et c'est avec un plaisir non feint que l'on constate que Forthcoming Displeasures bénéficie d'un son bien plus puissant que Fragments.
Avec huit pièces, ce second opus semble prendre l'allure d'un chef-d'œuvre de mélancolie, de noirceur et de solitude. Il n'y a qu'à se laisser emporter par ce "Descent" pesant, par les claviers enchanteurs de "Two Voices Surrounding" pour se prendre à rêver éveillé. Mais le meilleur reste à venir, avec "To Bleed not to Suffer" et surtout l'excellent "On Shores (of a Dying Sea)"...
Helevorn, en l'espace des cinq années séparant ce Forthcoming Displeasures de Fragments, a su élever sa musique du rang de groupe sympathique à celui de grosse pointure du Doom Gothique, si ce n'est le meilleur représentant à ce jour. On sent que les musiciens se sont considérablement améliorés en termes de composition, comme le montrent ces innombrables solis toujours bien placés et judicieusement tournés sans jamais en faire trop. Josep a également gagné en assurance, notamment dans son approche au chant clair, bien plus prenante que précédemment.
Autre très bon point, Helevorn est parvenu à s'éloigner de ses influences (
Paradise Lost et
Draconian en tête) pour se mouvoir dans un style qui lui est propre, une bête hybride entre ces deux précurseurs justement, mais agrémenté d'une légère touche
Swallow the Sun ("To Bleed not to Suffer") et même
Moonspell sur le puissant "Revelations".
Les guitares forment une nouvelle fois la pièce maîtresse de la musique des espagnols, que ce soit pour les riffs ("To Bleed not to Suffer", "Yellow"...) ou pour les solis, très inspirés du début à la fin de l'album. Mais Helevorn ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui sans ses claviers. Là encore, c'est un véritable travail de
titan qui a été abattu: les ambiances en sont d'autant plus touchantes qu'Enrique ne se contente pas de simples chœurs ("Hopeless Truth", "On Shores (of a Dying Sea)"...) et varie sensiblement son jeu.
Dernier point, et non des moindres: le visuel. L'artwork a le mérite d'imager parfaitement la musique de Forthcoming Displeasures, faisant de cet album un tout cohérent et résolument accrocheur.
Mais quels peuvent être les défauts d'une telle sortie? Pour être franc, je ne parviens toujours pas à répondre à cette question tant Forthcoming Displeasures se rapproche de mon idéal musical en terme de Doom Gothique!
Mieux qu'un excellent album, une véritable baffe! Forthcoming Displeasures allie avec classe l'efficacité d'un
Paradise Lost à la mélancolie d'un
Draconian, sans jamais tomber dans le piège de la repompe facile! Il est évident qu'Helevorn a su tirer les leçons de ses erreurs passées pour sublimer sa musique et donner naissance à un album qui se devrait d'être cité en exemple dans le monde du Doom Gothique. Les pistes se suivent sans réellement se ressembler, alors qu'un sentiment de cohérence se dégage de l'opus. En d'autres termes, Helevorn vient de pondre là son album le plus intense et le plus mature de sa discographie!
Il n'y a plus qu'à espérer que ces espagnols se hissent hors de leurs frontières pour faire subir aux monde le sombre éclat de leur musique, c'est tout le mal qu'on leur souhaite!