Another Perfect Day. Non, il ne s'agit pas ici de l'album de 1983 de
Motörhead, mais bien de la formation allemande. Menée par Kristian 'Kohle' Kohlmannslehner (producteur de
Crematory, Flowing Tears,
Benighted...) depuis ses débuts en 1993, c'est sous la forme d'un one-man band que revient le groupe pour son premier album, The Gothenburg Post Scriptum.
En multi-instrumentiste de talent, Khole a su peaufiner en plus de quinze longues années cette première sortie, élevant son Death Mélodique Progressif dans les hautes sphères du style.
Si le visuel se veut plutôt attrayant (plus par les couleurs que l'imagerie même), il en sera de même pour la musique proposée ici. Un Death Mélodique particulièrement efficace, mêlant aspects progressifs à de légers relents Doom de par les atmosphères distillées.
"For You... Forever" lance donc ce The Gothenburg Post Scriptum qui, pour le coup, porte bien son nom. On sent instantanément les influences suédoises du groupe,
In Flames et surtout
Dark Tranquillity en tête. De riffs mélodiques à des solis parfaitement bien agencés, Khole dévoile une musique portée à bout de bras par la mélodie avec un grand M. De ce fait, ce titre, comme la plupart des autres de l'album, possède un potentiel accrocheur qui fait la marque de fabrique des combos de Death Mélodique.
Évoluant entre pièces résolument énergiques ("The Matador", "Composition in Black" ou "The Ghost she Slept Beside me") et d'autres bien plus calmes ("Until you Bleed", l'excellent "The Great Nothing" et "For Us... Together"), The Gothenburg Post Scriptum fait preuve d'une réelle profondeur, qui écarte définitivement tout ennui. On se prend même à rêver sur des compositions attachantes comme "The Great Nothing" ou "The Ghost she Slept Beside me", où le chant clair devient extrêmement expressif, nuancé par ce jeu de guitares tout simplement surprenant.
Durant près de cinquante minutes, Khole mène l'auditeur dans son monde, un monde dans lequel l'espoir d'un jour parfait ne semble pas être qu'une simple utopie. Inutile de préciser que l'opus est doté d'un son béton, qui ne laisse rien au hasard. Les interventions des guests (Dan Swanö, Karsten 'Jagger' Jäger et Arno Menses) prennent une allure remarquable (notamment sur "In the End... The End"), qui rend The Gothenburg Post Scriptum définitivement unique en son genre.
En plaçant son premier album aux limites du Death Mélodique et du Metal Progressif, Khole est parvenu à créer la propre identité d'Another Perfect Day. Mélancolique, puissante voire planante, la musique du one-man band allemand pioche dans chacune de ses influences, tout en conservant une touche originale.
C'est donc sans grands risques que l'on peut affirmer que ce premier opus a tout d'un grand album. Sans jamais lasser, les compositions se livrent à l'auditeur, transmettant une succession d'images marquantes, empreintes d'un sentiment d'amertume parfaitement retranscrit par le chant de Khole.
Une bien belle preuve que le Death Mélodique n'est pas qu'une affaire de suédois!