Après avoir quitté
Black Sabbath après le
Live Evil pour de sombres problèmes d'égo liés à une question de mixage,
Ronnie James Dio monte rapidement son propre groupe. N'étant pas parti seul du Sab', il dispose déjà d'un batteur en la personne de
Vinnie Appice et retrouve rapidement un ancien collègue de
Rainbow,
Jimmy Bain à la basse. Il ne restait plus qu'à régler le problème du guitariste. Lequel choisir ? Un guitariste d'expérience qui risquerait d'avoir une fierté qui se heurterait à celle du lutin ou choisir un inconnu avec les risques que cela comprend ? Conseillé par Bain, Dio fait une offre au jeune
Vivian Campbell (19 ans). Choix plus que judicieux. Cet échappé de
Sweet Savage dévoilera rapidement toute l'étendue de son talent.
Pour s'immerger totalement dans ce Holy Diver à la pochette gentiment kitschissime, il convient de se pencher rapidement sur le personnage de Dio, un petit bonhomme dont la grand mère faisait le fameux symbole des metalleux pour chasser le mauvais oeil quand Ronnie James était
petit jeune. Dio, qui en 1983 avait déjà une carrière bien rempli et qui avait posé sa voix sur de nombreux projets, dont deux classiques absolus du hard rock et du heavy metal,
Rising de Rainbow et
Heaven And Hell de Black Sabbath. Un personnage qui s'était dressé contre
Ritchie Blackmore quand ce dernier voulut explorer une voie plus commerciale avec l'arc-en-ciel et qui est parti de ce groupe en pleine explosion commerciale. C'est donc quelqu'un qui a un sacré background et qui sait ce qu'il veut.
Aussi, ce disque est à son image. Du heavy metal épique ponctués par des soli de grande classe. L'album débute par Stand Up And Shout rapide et agressif, qui permet à Dio de se mettre dans la course face à la NWOBHM (mouvement qui commençait à décliner à cette époque) et de séduire les fans de heavy de l'époque qui recherchaient une certaine vélocité. Ensuite, nous avons droit à Holy Diver, un mid tempo bien plus simple dans l'approche et qui ne permet pas à Campbell de s'illustrer. Un morceau simple, dans la lignée du Sab' épique où le voix de Dio fait merveille. Un classique cependant. D'autres grands titres viennent s'ajouter à cette set-list. Déjà, comment passer à côté du fantastique Don't Talk To Strangers ? Cette chanson commence comme une douce ballade avant de s'énerver assez rapidement. Cette fois-ci, Campbell peut s'exprimer pleinement et on est emporté par son jeu rapide et précis qui, allié à la voix de Dio, fait merveille. On commence à comprendre que l'on tient là quelque chose qui s'apprête à devenir énorme. Nonobstant ses claviers kitsch, Rainbow In The Dark est un autre classique monstrueux, un pur heavy metal dans une veine épique. Quand l'album s'achève sur Shame On The Night, on fait un nouveau détour vers le Sab', avec un morceau lourd et très efficace, dont le côté sombre contraste avec le plus enjoué Rainbow In The Dark.
Holy Diver est le genre de disque qui contient des classiques indéniables... et des morceaux qui servent surtout de faire valoir. Si les titres cités plus haut sont indéniablement excellents, le reste n'arrive pas à montrer autant de réussite. Pas qu'ils soient mauvais, non. Ils sont juste corrects et ne provoquent pas le même intérêt. Il manque donc une certaine homogénéité à l'ensemble, il y a une part de remplissage dans cet opus. Mais bon, rendons justice à Dio : avec son heavy metal qui prend le meilleur de ses groupes précédents, le lutin livre là un premier album qui tient bien la route et qui lui permettra de s'imposer sur la scène du Monsters Of Rock de Donington. Une bonne pioche donc, un des essentiels de Dio. Mais le meilleur reste encore à venir.