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Jon Shaffer est un homme qui prend son temps. Ce Framing Armageddon en est une preuve flagrante. En effet, cet album est le premier volet d’une fresque sur deux épisodes. Enfin, le premier volet… l’introduction a été écrite neuf ans auparavant sur l’album Something Wicked This Way Comes. Tiens tiens, étrange… puisqu’en effet le sous-titre de cette œuvre est Something Wicked…
Bon, petit changement par rapport à l’introduction faites auparavant (sur les titres "Prophecy", "Birth Of The Wicked" et "The Coming Curse") ce n’est pas Matthew Barlow, mais Tim ‘Ripper’ Owens qui officie au chant. Cela peut casser le rythme de l’histoire et perdre quelque peu son auditoire, mais Owens était déjà présent sur l’album précédent (The Glorious Burden) et comme se plaisait à dire Shaffer à l’époque : « peut importe qui chante, le contenu est le plus intéressant ».
Quid de ce contenu justement ? Et bien, remontons à l’époque de Something Wicked This Way Comes. La trilogie clôturant l’album nous présentait une race plus ancienne que l’homme. Les Setians. Ceux-ci pressentant leur destruction tentent alors de se cacher parmi les hommes. Ils attendent l’arrivée de leur messie, l’antéchrist humain, pour pouvoir à nouveau gouverner le monde. C’est donc à ce moment que Shaffer a lâché sa première bombe. Matthew Barlow chantait donc à l’époque ces trois titres qui clôturaient l’album et ouvraient pour l’album dont il est question aujourd’hui.
9 ans plus tard, de l’eau a coulé sous les ponts. Et les fans du groupe l’ayant lâché avec un The Glorious Burden peut être un peu faiblard mais honnête et très bon, même si trop patriotique, ont eu tort. Car même si les timbres de voix entre Tim Owens et Matthew Barlow sont très différents, l’album dont il est ici question nous prouve que Shaffer a fait le bon choix en choisissant Owens pour chanter les compos qu’il a écrit. Car au final, même si le timbre n’est vraiment pas le même et la qualité vocale sensiblement différente, l’émotion qui se dégage de cet album, en particulier sur "A Charge To Keep", est palpable. Et l’intensité tout aussi honnête que si notre MP de chanteur avait officié.
Pour l’histoire, car il s’agit là autant d’histoire que de musique, on reprend là ou l’on s’est arrêté en 1998. Les hommes et les Setians se livrent une guerre sans merci ou ces derniers seront quasiment éradiqué. Cependant la guerre n’est pas perdue pour eux puisqu’ils ont pu cacher leur messie et l’envoyé parmi les hommes pour qu’il les comprenne et puisse mener à bien l’assaut final. Ainsi, seuls 10 000 Setians sont encore en vie à la fin de la bataille. Ceux-ci nous seront donc révélés par un "Ten Thousand Strong", morceau single de l’album.
Le titre précédent, "Reflections", est un titre mid tempo, comme on en trouvera beaucoup sur cet album. Ceux cherchant le
Iced Earth de la grande époque Barlow devront donc encore patienter pour avoir des titres ravageurs rythmiquement parlant. Mais Reflections lui est un titre prenant, collant parfaitement au thème de la chanson. Les paroles traitent de l’arrivée imminente de la fin d’une race et du peu de chance de survie de leur culture qu’il peut subsister. Ce titre se marie donc très bien au suivant, le calme avant la bataille, au sens littéral de l’expression, puisque "Ten Thousand Strong" traitera de cette bataille et de l’issue que vivront les Setians.
Si l’histoire ne vous parle pas, laissez vous porter par ces 19 titres (instrumentaux compris) qui sont vraiment somptueux et merveilleusement chantés. Certes, la puissance et l’agressivité n’est pas forcément de mise sur cet album, mais il aurait pu être, si l’histoire n’en avait pas décidé autrement, celui qui aurait assis la position de Tim Owens comme chanteur de
Iced Earth.